LIVRE TROISIÈME. — CHAPITRE LII
de votre bonté en des vases de miséricorde', vous daignez consoler votre serviteur au delà de ce qu’il mérite, et d’une manière toute divine.
Car vos consolations ne sont point comme les vaines paroles des hommes.
2 . Qu’ai-je fait, Seigneur, pour que vous me donniez quelque part aux consolations du ciel?
Je n’ai point de souvenir d’avoir fait aucun bien ; toujours, au contraire, je fus enclin au vice, et lent à me corriger.
Il est vrai, et je ne puis le nier. Si je parlais autrement, vous vous élèveriez contre moi, et personne ne me défendrait.
Qu’ai-je mérité pour mes péchés, sinon l’enfer et le feu éternel ?
Je le confesse avec sincérité : je ne suis digne que d’opprobre et de mépris ; je ne mérite point d’être compté parmi ceux qui sont à vous. Et bien qu’il me soit douloureux de l'entendre, je rendrai cependant contre moi témoignage à la vérité, je m’accuserai de mes péchés, afin d’obtenir de vous plus aisément miséricorde.
3. Que dirai-je, couvert, comme je le suis, de crimes et de confusion?
Je n’ai à dire que ce seul mot : J’ai péché, Seigneur, j’ai péché ; ayez pitié de moi, pardonnez-moi.
Laisses-moi un peu de temps pour exhaler ma douleur, avant que je m'en aille dans la terre des ténèbres , que recouvre l'ombre de la mort \
Que demandez-vous d’un coupable, d’un misérable pécheur, sinon que, brisé de regrets, il s’humilie de ses péchés ?
La véritable contrition et l’humiliation du cœur produisent l’espérance du pardon, calment la conscience troublée, réparent la grâce perdue, protègent l’homme