‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 244 sur 306 · Philipp · texte numérisé non relu

Philipp

l’imitation DE JÉSUS-CHRIST.

Mes yeux sont élevés vers vous ; en vous je mets toute ma confiance, mon Dieu, père des miséricordes.

Sanctifiez mon àme, bénissez-la de votre céleste bénédiction, afin qu’elle devienne votre demeure sainte, le siège de votre éternelle gloire, et que, dans ce temple où vous ne dédaignez pas d’habiter, il n’y ait rien qui offense vos regards.

Regardez-moi, Seigneur, dans votre immense bonté, et, selon l'abondance de vos miséricordes' , exaucez la prière de votre serviteur misérable, exilé loin de vous dans la région des ténèbres et de la mort.

Protégez et conservez l’âme de votre pauvre serviteur au milieu des dangers de cette vie corruptible; que votre grâce l’accompagne et le conduise, par le chemin de la paix, dans la patrie de l’éternelle lumière. Ainsi soit-il !

RÉFLEXION

Quandonatout parcouru, tout entendu, tout vu, il faut en revenir à cette parole qui renferme toute sagesse et toute perfection : Dieu seul. « Considérez, disait un humble religieux de saint François, « des mille millions de créatures plus parfaites que celles qui sont « ù présent, tant dans les voies de la nature que dans les voies de <• la grâce. Réitérez à l’infini votre multiplication, et comparez « ensuite ces créatures si parfaites au grand Dieu des éternités; ** dans cette vue, elles deviennent à rien. Je prenais, ajouta-t-il, un « grand plaisir dans cette multiplication ; et de voir qu’en même « temps que l’Être de Dieu paraissait, ces créatures qui se mon- « traient si excellentes et si pleines de gloire, se retiraient d’une h rapidité incroyable dans leur centre qui est le néant. Et voyant « que le grand Dieu était en moi, et plus en moi que je n’y étais « moi-même, j’en ressentais une joie inexplicable, et je ne pouvais « comprendre comment il était possible d’avoir Dieu en soi et par- « tout au dehors de soi, et de s’occuper des créatures. J’étais ravi u qu’il fût seul étemel, seul immuable, seul infini, et je vous dis « en vérité, qu’en disant : En mon Dieu tout est Dieu, ma vo- « lonté était touchée d’un si grand et si ardent amour, qu’il me * semblait que tout l’être créé disparaissait devant moi, et qu’à « jamais je ne serais plus occupé que de Dieu seul. Je ne puis ex-

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