‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 284 sur 306 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

DU DÉSIR ARDENT QUE QUELQUES AMES SAINTES ONT DE RECEVOIR LE CORPS DE JÉSUS-CHRIST.

Voix du disciple.

i . Combien est grande, 6 mon Dieu, l'abondance de douceur que vous ave% réservée à ceux qui vous craignent ’/

Quand je viens à considérer avec quel désir et quel amour quelques âmes fidèles s’approchent, Seigneur, de votre sacrement, alors je me confonds souvent en moi-même, et je rougis de me présenter à votre autel et à la table sacrée de la Communion avec tant de froideur et de sécheresse; d’y porter un cœur si aride, si tiède, et de ne point ressentir cet attrait puissant, cette ardeur qu’éprouvent quelques-uns de vos serviteurs, qui, en se disposant à vous recevoir, ne sauraient retenir leurs larmes, tant le désir qui les presse est grand, et leur émotion profonde.

Ils ont soif de vous, ô mon Dieu, qui êtes la source d’eau vive; et leur cœur et leur bouche s’ouvrent également pour s'y désaltérer. Rien ne peut rassasier ni tempérer leur faim, que votre sacré Corps, qu’ils reçoivent avec une sainte avidité et les transports d’une joie ineffable.

. i. Bossuet. — a. Ps. xxx, 23 .

l’imitation. II

3 22 . l’imitation de jésus-christ. ■

2. Oh! que cette ardente foi est une preuve sensible de votre présence dans le sacrement!

Car ils reconnaissent véritablement le Seigneur dans la fraction du pain, ceux dont le cœur est tout brûlant , lorsque Jésus est avec eux

Qu’une affection si tendre, un amour si vif, est souvent loin de moi!

Soyez-moi propice, ô bon Jésus, plein de douceur et de miséricorde! Ayez pitié d’un pauvre mendiant, et faites que j’éprouve, au moins quelquefois, dans la sainte Communion, quelques mouvements de cet amour qui embrase tout le cœur, afin que ma foi s’affermisse, que mon espérance en votre ■bonté s’accroisse, et qu'enflammé par cette manne céleste, jamais la charité ne s’éteigne en moi.

3 . Dieu de bonté, vous êtes tout-puissant pour m’accorder la grâce que j’implore, pour me remplir de l’esprit de ferveur, et me visiter dans votre clémence, quand le jour choisi par vous sera venu.

Car encore que je ne brûle pas de la même ardeur que ces âmes pieuses, cependant, par votre grâce, j’aspire à leur ressembler, désirant et demandant d’être compté parmi ceux qui ont pour vous un si vif amour, et d’entrer dans leur société sainte.

RÉFLEXION

Avant le jour de la Pâque , Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à la fin 2 . Ce fut alors qu’il institua la divine Eucharistie, comme pour perpétuer sa demeure au milieu des disciples qu’il avait aimés, et de tous ceux qu'il aimerait jusqu’à la consommation des siècles, accomplissant ainsi cette promesse : Je ne vous laisserai pas orphelins; je viendrai à vous * : et il est venu, il a habité parmi nous, et nous avons vu sa gloire, la gloire du Fils unique du Père , plein de grâce et de vérité *. 11 est vrai que sa présence se dérobe à nos sens: mais elle n’en est ni moins réelle, ni moins eflicace : ainsi je crois, Seigneur; ainsi j’adore. Si Jésus-Christ, en se donnant à nous dans.

î.Luc. xxiv, 49. — 2 . Joann. xm, 1. — 3 . Ibid., xiv, 18.— 4. Ibid., 1,44.

Di

Page 1