DU JUGEMENT ET DES PEINES DES PÉCHEURS
1. En toutes choses regardez la fin, et reportez-vous au jour où vous serez là, debout devant le Juge sévère, à qui rien n’est caché, qu’on n’apaise point par des présents, qui ne reçoit point d’excuses, mais qui jugera selon la justice.
Pécheur misérable et insensé! que répondrez-vous à Dieu qui sait tous vos crimes, vous qui tremblez quelquefois à l’aspect d’un homme irrité?
Parquel étrange oubli devous-méme vous en allez-vous, sans rien prévoir, vers ce jour où nul ne pourra être excusé ni défendu par un autre, mais où chacun sera pour soi un fardeau assez pesant?
Maintenant votre travail produit son fruit; vos larmes sont agréées, vos gémissements écoutés; votre douleur satisfait à Dieu, et purifie votre âme.
2. Il a ici-bas un grand et salutaire purgatoire, l’homme patient qui, en butte aux outrages, s’afflige plus de la malice d’autrui que de sa propre injure; qui prie sincèrement pour ceux qui Le contristent, et leur pardonne du fond du cœur; qui, s’il a peiné les autres, est toujours prêt à demander pardon ; qui incline à la compassion plus qu’à la colère; qui se fait violence à lui-méme, et s’efforce d’assujettir entièrement la chair à l’esprit.
Il vaut mieux se purifier maintenant de ses péchés et retrancher ses vices, que d’attendre à les expier en l’autre