‹ L'Imitation de Jésus-ChristChapitre 63 sur 306 · LIVRE PREMIER. — CHAPITRE XXV · texte numérisé non relu

LIVRE PREMIER. — CHAPITRE XXV

beaucoup, parlent peu, veillent longtemps, se lèvent matin, font de longues prières, de fréquentes lectures, et observent en tout une exacte discipline.

Considérez les Chartreux, les religieux de Cîteaux, et les autres religieux et religieuses de différents ordres , qui se lèvent toutes les nuits pour chanter les louanges de Dieu.

Il serait donc bien honteux que la paresse vous tînt encore éloigné d’un saint exercice, lorsque déjà tant de religieux commencent à célébrer le Seigneur.

9. Oh! si vous n’aviez autre chose à faire qu’à louer de cœur et de bouche, perpétuellement, le Seigneur notre Dieu ! si jamais vous n’aviez besoin de manger, de boire, de dormir, et que vous puissiez ne pas interrompre un seul moment ces louanges ni les autres exercices spirituels! vous seriez alors beaucoup plus heureux qu’à présent, assujetti comme vous l’êtes au corps et à toutes ses nécessités.

Plût à Dieu que nous fussions affranchis de ces nécessités, et que nous n’eussions à songer qu’à la nourriture de notre âme, que nous goûtons, hélas! si rarement!

10. Quand un homme en est venu à ne chercher sa consolation dans aucune créature, c’est alors qu’il commence à goûter Dieu parfaitement, et qu’il est, quoi qu’il arrive, toujours satisfait.

Alors il ne se réjouit d’aucune prospérité, et aucun revers ne le contriste; mais il s’abandonne tout entier, avec une pleine confiance, à Dieu, qui lui est tout en toutes choses, pour qui rien ne périt, rien ne meurt, pour qui, au contraire, tout vit, et à qui tout obéit sans délai.

11. Souvenez-vous toujours que votre fin approche, et que le temps perdu ne revient point.

Les vertus ne s’acquièrent qu’avec beaucoup de soins et des efforfs constants.

Dès que vous commencerez à tomber dans la tiédeur, vous tomberez dans le trouble.

Mais si vous persévérez dans la ferveur, vous trouverez une grande paix, et vous sentirez votre travail plus léger,

Atàtab:

à cause de la grâce de Dieu, et de l’amour de la vertu. L’homme fervent et zélé est prêt à tout.

Il est plus pénible de résister aux vices et aux passions que de supporter les fatigues du corps.

Celui qui ri évite pas les petites fautes tombera peu à peu dans les grandes

Vous vous réjouirez toujours le soir, quand vous aurez employé le jour avec fruit.

Veillez sur vous, excitez-vous, avertissez-vous; et quoi qu’il en sort des autres, ne vous négligez pas vous-même.

Vous ne ferez de progrès qu'au tant que vous vous ferez de violence.

RÉFLEXION

Êtes- vous sincèrement résolu à vous sauver? en avez-vous la volonté ferme:’ Alors préparez-vous au travail, au combat; car le salut est à ce prix : La voie qui conduit à la perte est large : mais qu’étroite , dit l’Ëvangile, est celle qui conduit à h vie * 1 Sans doute l’onction de la grâce adoucit, pour le fidèle, ce travail, ce combat; au milieu des fatigues et des souffrances, il jouit d’une paix céleste que le pécheur ne connaît point. Cependant il a besoin de continuels efforts pour triompher de lui-même, pour vaincre ses désirs, ses passions, et le monde, et le prince de ce monde *. Qui a fait les Saints, sinon cette lutte courageuse et persévérante ? Les uns ont été tourmentés, ne voulant pas racheter leur vie, afin d'en trouver une meilleure dans la résurrection, les autres ont souffert les moqueries, les fouets , les chaînes et les prisons : ils ont été lapidés, sciés, éprouvés en toute manière ; ils sont morts par le tranchant du glaive ; vagabonds, couverts de peaux de brebis et de peaux de chèvres, oppressés par le besoin, T affliction, l’angoisse, ils ont erré dans les déserts, et dans les montagnes et dans les antres, et dans les cavernes de la terre ; eux dont le monde n'était pas digne. Enveloppés donc d’une si grande nuée de témoins, dégageons-nous de tout ce qui nous appesantit , et du péché qui nous environne, et cou- ■ons par la patience au combat qui nous est proposé, les regards fixés jr Jésus l’auteur et le consommateur de la foi , qui, en vue de la joie qui lui était préparée, a souffert la croix, en méprisant l’ignominie; et maintenant il est assis à la droite du trône de Dieu'.

1 . Ecclî. xrx, 1 . — 2 . Matfh. vn, i3, 14 . — 3. Joann. xiv, 3o. — 4. Heb. M, 35-36; ni, 1 , 1 .

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