V. III. Cil A P* VIII
cesse présent sous nos yeux, et si l’on n'en sentait pas le germe en soi-même. Aussi voyez comme Dieu le foudroie : et d’abord cette ironie qui glace l’àme d’un effroi surnaturel : Voilà qu’Adam est devenu comme l’un de nous 1 ; Adam jete nu avec son péché, sur une terre maudite ! Adam qui venait d'entendre celte parole : Tu mourras de mort 8 ! Ses enfants imitent son crime, leur orgueil s’élève sans mesure. Alors l’esprit divin : Comment es-tu tombé, toi qui te levais comme l’astre du matin } qui disais en ton cœur : Je monterai dans les deux, je poserai mon trône au-dessus des étoiles et je serai semblable au Très-Haut. Voilà que tu seras traîné aux enfers, dans la profondeur du lac : on se baissera pour te voir 8 . Lisez, dans l’Evan-
E le, les effroyables malédictions prononcées contre les Parisiens superbes, tandis que celui qui s’abaisse est à l’instant justifié. Une femme pleure aux pieds de Jésus ; elle s’humilie de ses fautes , elle n’ose presque en solliciter le pardon , son silence seul supplie. Le Sauveur ému la console : Beaucoup de péchés lui sont remis, parce qu elle a beaucoup aimé 4 . Mais l’orgueil n’aime point ; c’est encore là un de ses caractères , et comme le type infernal. Il est le père de la haine, de l'envie, de la violence, de la fausse sécurité et de l'endurcissement. Sorti de l'abîme, il s’y replonge : le reste est le mystère de l’éternelle justice. O Dieu, ayez pitié de votre pauvre créature ! Le front dans la poussière, je m’anéantis devant vous. Je sens, je confesse ma misère, ma corruption profonde, ma désolante impuissance et tout ce qui à jamais me séparerait de vous, si votre grande miséricorde ne venait à mon secours par le don gratuit de la grâce. Daignez , daignez la répandre en mon âme. Ne m’abandonnez pas. Seigneur; sauvez-moi, ou je vais périr 5 . O Dieu, ayez pitié de votre pauvre créature !
> Genes., lit, 22 — 8 Ibid., il , 17. — * Is., ht. 12-46. — * Luc. , tu , 47. — 6 Matth., vm, 25.