LIV. III. CHAP. X
6. 0 aimable et douce servitude de Dieu , dans laquelle l’homme retrouve la vraie liberté et la sainteté !
O saint assujettissement de la vie religieuse, qui rend l’homme agréable à Dieu , égal aux Anges, terrible aux démons, respectable à tous les fidèles !
0 esclavage digne à jamais d’être désiré, embrassé, puisqu’il nous mérite le souverain bien, et nous assure une joie éternelle!
v RÉFLEXION.
Le monde est tellement fasciné par les passions , qu'il ne peut rien comprendre à la félicité de s enfants de Dieu. Quelquefois il les plaint , comme le monde sait plaindre, en jetant sur eux un regard de mépris; quelquefois il les contemple avec une sorte d'étonnement stupide. Il n’a nulle idée de ce qui se passe dans ràme unie à son Créateur, nulle idée des consolations et du calme délicieux dont elle jouit. Saint Paul s’écriant : Je surabonde de joie au milieu de mes tribulations i , lui est un mystère inexpliquable ; jamais il ne concevra cette joie pure, qui est justice et paix dans le Saint-Esprit 2 . Quel est donc le partage du serviteur du monde ? un immense ennui parsemé de quelques rares plaisirs ; et quand Dieu ne l’abandonne pas entièrement, le remords. Creusez dans son cœur, vous n'y trouverez que cela. Le remords est sa justice et l'ennui sa paix. Ames chrétiennes, âmes détachées, qui avez renoncé au monde et à tout ce qui est du monde, plaignez à votre tour les infortunés chargés encore de ses pesantes chaînes : mais plaigncz-les en vous humiliant aux pieds de celui qui yous a délivrés, et dont la grâce, qui ne yous était pas duc, vous met en possession des seuls biens véritables. Gardez avec
1 II. Cor., vil , 4. — 2 Rom., xiv, 17.
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