‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 113 sur 323 · LIV. III. CHÀP. XIII · texte numérisé non relu

LIV. III. CHÀP. XIII

reux pour votre âme , c’est vous , lorsque vous êtes divisé en vous-même.

Il faut que vous appreniez à vous mépriser sincèrement , si vous voulez triompher de la chair et du sang.

L’amour désordonné que vous avez encore

S our vous-même, voilà ce qui vous fait crainre de vous abandonner sans réserve à la volonté des autres.

2. Est-ce donc cependant un si grand effort, que toi, poussière et néant , tu te soumettes à l’homme à cause de Dieu; lorsque moi, le Tout-Puissant, moi, le Très-Haut, qui ai tout fait de rien, je me suis soumis humblement à l’homme à cause de toi.

Je me suis fait le plus humble et le dernier de tous, afin que mon humilité t’apprît à vaincre ton orgueil.

Poussière , apprends à obéir : apprends à t’humilier, terre et limon, à t’abaisser sous les pieds de tout le monde.

Apprends à briser ta volonté, et à ne refuser aucune dépendance.

3. Enflamme-toi de zèle contre toi-même, et ne souffre pas que le moindre orgueil vive en toi ; mais fais-toi si petit , et mets-loi si bas , que tout le monde puisse marcher sur toi et te fouler aux pieds comme la boue des places publiques.

Fils du néant, qu’as-tu à te plaindre? Pécheur couvert d’ignominie , qu'as-tu à répondre, quelque reproche qu’on t’adresse , toi qui

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as tant de fois offensé Dieu , tant de fois mérité l’enfer?

Mais ma bonté t’a épargné , parce que ton âme a été précieuse devant moi : je ne t’ai point délaissé, afin que tu connusses mon amour, et que mes bienfaits ne cessassent jamais d’être présents à ton cœur; afin que tu fusses toujours prêt à te soumettre , à t’humilier, et à souffrir les mépris avec patience.

BÉFLEXION.

Il n’existe qu’une volonté qui ait le droit essentiel et absolu d’être obéie, la volonté de l’Etre éternel qui a tout créé et qui conserve tout; et de là l'admirable prière du prophète-roi ; Enseignez -moi , Seigneur, à faire votre volonté, parce que vous êtes mon Dieu x . Cette volonté souveraine a des ministres pour rappeler ses ordonnances et en maintenir l’exécution dans la famille, dans l’Etat, dans l’Eglise; et l’obéissance leur est due, parce qu’ils représentent Dieu chacun dans son ordre, selon les degrés d'une sublime hiérarchie, qui remonte du père au roi , du roi au pontife , du pontife à Jésus-Christ, de Jésus-Christ à celui qui l’a envoyé , et de qui toute paternité, au ciel et sur la terre , tire son nom i 2 , c’est-à-dire son autorité. Ainsi le devoir n’est autre chose que le commandement divin . et la vertu n'est que l’obéissance à ce commandement. Tout péché, au contraire , n’est, comme le premier, qu’une désobéissance, une révolte ; et l’homme est conçu dans la révolte , puisqu’// est conçu dans le péché*-, d’où cette belle et profonde expression du Psalmiste : Le pécheur est rebelle dès le sei n de sa mère , et livré au mal dans ses entrailles 4 . Aussi le sacrifice qui a expié le péché et réparé la nature humaine, con*

i Ps. cxlii , 10. — * Ephes., ni , 15. — * Ps. l, 7.

— * Ibid.

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