LIT. 1. CHAP. VU
? cn a plus dans les autres, afin de conserver humilité.
Vous ne hasardez rien à vous mettre audessous de tous : mais il vous serait très-nuisible de vous préférer à un seul.
L’homme humble jouit d’une paix inaltérable - t la colère et l’envie troublent le cœur du superbe.
RÉFLEXION
En considérant la faiblesse de l'homme , la fragilité de sa vie , les souffrances dont il est assailli de toutes parts , les ténèbres de sa raison , les incertitudes de sa volonté inclinée au mal dès l’enfance 1 , on s’étonne qu’un seul mouvement d’orgueil puisse s’élever dans une créature si misérable; et cependant l’orgueil est le fond même de notre nature dégradée. Selon la pensée d’un Père, il nous sépare de la sagesse ; il fait aue nous voulons être nous-mêmes notre bien, comme Dieu lui-même est son bien 2 : tant il y a de folie dans le crime î C'est alors <jue l'homme se recherche et s’admire dans tout ce qui le distingue des autres et l’agrandit à ses propres yeux , dans es avantages du corps, de l’esprit, de la naissance, de la fortune , de la grâce même , abusant ainsi à la fois des dons du créateur et du rédempteur. Oh ! que ce désordre est effrayant et combien nous devons trembler lorsque nous découvrons en nous un sentiment de vaine complaisance. ou qu’il nous arrive de nous préférer à l’un de nos freres! Rappelons-nous souvent le pharisien de l’Évangile , sa fausse piété , si contente d’elle-même et si coupable devant Dieu , son mépris pour le publieain gui s’en alla justifié à cause de l’humble aveu de >a misère, et disons au fond du cœur avec celui-ci: Mon Dieu, ayez pitié de moi pauvre pécheur 3 !
1 Gen. vin, ai.—- 2 S. Aug. de lib. arbitr., lib, III,
cap. xxiv. — 3 Luc, xvm, 13.
l’imitation de jésüs-christ.