CHAPITRE XXXIII
De l’inconstance du cœur, et que nous devons tout rapporter à Dieu comme à notre dernière fin.
1. J.-C. Mon fils, ne vous reposez point sur ce que vous sentez en vous : maintenant vous êtes affecté d’une certaine manière, vous le serez d’une autre le moment d’après.
Tant que vous vivrez, vous serez sujet au changement, même malgré vous : tour à tour triste et gai , tranquille et inquiet , fervent et tiède; tantôt actif, tantôt paresseux, tantôt grave, tantôt léger.
Mais l’homme sage et instruit dans les voies spirituelles s’élève au-dessus de ces vicissitudes. Il ne considère point ce qu’il éprouve en soi, ni de quel côté l’incline le vent de l’inconstance ; mais il arrête toute son attention sur la fin bienheureuse à laquelle il doit tendre.
C’est ainsi qu’au milieu de tant de mouve-
1 Galat., iv, 31; v, 13.— * Jacob., i, 25. — 3 Rom., VIII, 2t.