LIV. III. CHAP. XXXVII
ta croix, et qu'il me suive 1 ; et encore ; Celui qui ne renonce pas à tout ce qu'il possède, ne peut être mon disciple 2 . Il n’y a donc point à hésiter ; il faut choisir entre le monde et vous : on rue saurait servir deux maîtres 8 , et vous ne voulez point de partage. Se rechercher, c’est s’éloigner de vous. Là où il reste encore quelque attache aux choses de la terre , quelque volonté propre, quelque secrète complaisance dans les dons soit de la nature, soit de la grâce, vous ne régnez pas pleinement , Seigneur , et votre amour est en souffrance. Hélas! comment peut-on, après avoir goûté la joie de votre union, refuser de s'unir plus intimement à vous? O faiblesse et folie incompréhensible du cœur humain ! Est-il donc , ô mon Dieu , si difficile de reconnaître le néant de tout ce qui n’est pas vous, l’inconstance de notre volonté, l’incertitude de nos projets, la vanité de nus désirs , et délaisser là je ne sais quels biens stériles et misérables, une heure avant que la mort nous en dépouille sans retour? Quelles seront nos pensées à ce moment où toutes les illusions s’évanouissent? Que nous feront les choses du temps, lorsque le temps finira pour nous? C’en est fait. Seigneur, je suis résolu à consommer le sacrifice que vous exigez de ceux qui veulent vous appartenir. Qu’on ne me parle plus du monde ni de moi-même : j ’ai rompu mes derniers limas; je suis mort, je ne vis désormais que de la vie de Jesus-Christ en moi : ce corps est comme le suaire qui m’enveloppe ; me voilà étendu dans le tombeau, enseveli avec Jésus- Christ en I\ieu *. Amen,* qu'il soit ainsi !
* Matth., xvi, 24. — * Luc., xiv, 33. — 8 Matth.. vi, 24 — 4 Rom-, vi, 4.