CHAPITRE XL VIII
De l’éternité bienheureuse, et des misères de cette vie.
1. Le F. 0 bienheureuse demeure de la cité céleste ! jour éclatant de l’éternité, que la nuit n’obscurcit jamais, et que la "vérité souveraine éclaire perpétuellement de ses rayons; jour immuable ae joie et de repos, que nulle vicissitude ne trouble !
Oh ! que ce jour n’a-t-il lui déjà sur les ruines du temps , et de tout ce qui passe avec le temps !
Il luit pour les Saints dans son éternelle splendeur : mais nous, voyageurs sur la terre, nous ne le voyons que de loin , comme à travers un voile.
2. Les citoyens du ciel en connaissent les délices : mais les fils d’Ève, encore exilés, gémissent sur l’amertume et l’ennui de la vie présente.
Les jours d’ ici-bas sont courts et mauvais 4 , pleins de douleurs et d’angoisses.
L’homme y est souillé de beaucoup de péchés, engagé dans beaucoup de passions, agité par mille craintes, embarrassé de mille soins,
1 Gcnes., xlvii, 9.
emporté çà et là par la curiosité , séduit par une foule de chimères , environné d’erreurs , brisé de travaux, accablé de tentations, énervé de délices, tourmenté par la pauvreté.