‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 252 sur 323 · LIV. IV. OlIAP. III · texte numérisé non relu

LIV. IV. OlIAP. III

qu’il est aimable l’hôte qu’elle possède ! que le compagnon, l’ami qui se donne à elle , est doux et lidèle! que l’époux qu’elle embrasse est beau! qu’il est noble et digne d’être aimé par-dessus tout ce qu’on peut aimer, et tout ce qu’il y a de désirable !

Que le ciel et la terre, dans leur parure magnifique, se taisent devant vous, ô mon bien-aimé ! car tout ce qu’on admire de beau en eux, iis le tiennent de vous, dont la sagesse n’a point de bornes 1 , et jamais ils n’approcheront de votre beauté souveraine.

RÉFLEXION

Autant on doit apporter de soin à s’éprouver soimême, avant de manger le pain et de boire le calice du Seigneur *, autant il faut prendre garde ù ne se pas tenir éloigné de la Table suinte par un faux respect et une crainte excessive. Nous serons toujours, quoi que nous fassions, infiniment indignes d’une faveur si haute : nul n’est pur, nul n’est saint devant celui qui est la Sainteté meme. Mais quand le Sauveur nous dit.* Venez, il connaît notre misère, et c’est pour la guérir qu’il nous presse de venir à lui. Allons-y donc, non comme le Pharisien hypocrite, en rendant grâces à Dieu dans notre cœur de n'étre pas tel que les autres hommes 3 : Dieu repousse avec horreur cet orgueil d’une conscience qui se déguise à elle-même sa plaie secrète ; allons-y, mais comme l’humble Publicain, les yeux baissés vers la terre, frappant notre poitrine, et disant : Seigneur, ayez pitié de moi ; soyez propice à ce pauvre pécheur 4 / Il est nécessaire sans doute de se préparer par la pénitence, le recueillement, la prière, à la communion du corps et du sang de Jésus-Christ;

* Ps. cxlvi, 5. — * I. Cor., xi, 28. — 3 Luc., xviii, il. — * lbid. t 13.

mais après s’y être disposé sincèrement et de toute son âme, c’est faire injure au Rédempteur que de refuser ses dons, c’est se priver volontairement des grâces les plus précieuses, les plus abondantes, les plus saintes, c’est renoncer à la vie : car, si l’on ne mange la chair du Fils de V homme } et si l'on ne boit son sang, on n’aura point la vie en soi *. Nous devons aspirer continuellement à ce pain descendu du Ct'e/*; sans cesse, nous devons le demander, nous devons nous en nourrir sans cesse, pour qu’il détruise le principe de mort qui est en nous depuis le péché. « Seigneur, donnez-nous tou - « jours ce pain 3 ; ce pain dont vous avez dit, qu’il « donne la vie éternelle. C’est ce que disent les Juifs : « et ils expriment par là le désir de toute la nature « humaine, ou plutôt de toute la nature intelligente. « Elle veut vivre éternellement ; elle veut ne manquer « de rien; en un mot, elle veut être heureuse. C’est « encore ce qu’en pensait la Samaritaine, lorsque Jé- « sus lui ayant dit : O femme! celui qui boit de l’eau « que je donne n'a jamais soif, elle répond aussitôt : « Seiyneur, donnez-moi de cette eau, afin que je n'aie « jamais soif, et que je ne sois pas obligée à venir ici « puiser de l’eau k , dans un puits si profond, avec « tant de peine. Encore un coup, la nature humaine « veut être heureuse; elle ne veut avoir aucun be- « soin ; elle 11 e veut avoir ni faim, ni soif : aucun dé- « sir à remplir : aucun travail : aucune fatigue : et « cela, qu’est-ce autre chose, sinon être heureuse? « Voilà ce que veut la nature humaine : voilà son « fond. Elle se trompe dans les moyens : elle a soif « des plaisirs des sens : elle veut exceller : elle a soif « des honneurs du monde. Pour parvenir aux uns et « aux autres, elle a soif des richesses : sa soif est insa- « tiablc; elle demande toujours, et ne dit jamais : « C’est assez, toujours plus, et toujours plus. Elle est « curieuse : elle a soif de lu vérité; mais elle ne sait « où la prendre, ni quelle vérité la peut satisfaire : * elle en ramasse ce qu’elle peut par-ci par-là; par de

* Joann., vi, 54.— * Ibid., 33. — 3 Ibid., 84 . — * Ibid iv, 10, 15.

Page 1