LIV. 1Y. CIIAP. XVII
brent , dans des transports de joie et d’amour, la douceur et la sainteté de votre nom.
Que tous ceux qui offrent , avec révérence et avec piété , les divins mystères , et qui les reçoivent avec une pleine foi , trouvent devant vous grâce et miséricorde, et qu’ils prient avec instance pour moi , pauvre pécheur.
Et lorsque après s’être unis à vous , selon leurs pieux désirs, ils se retireront de la Table sainte, rassasiés et consolés merveilleusement , qu’ils daignent se souvenir de moi , qui languis dans l’indigence.
RÉFLEXION
« Que cet adorable Sacrement opère en moi, ô mon a Sauveur! la rémission de mes péchés; que ce sang « divin me purifie ; qu’il lave toutes les taches qui ont « souillé cette robe nuptiale dont vous m’aviez revêtu a dans le baptême , afin qne je puisse m’asseoir avec « assurance au banquet des noces de votre Fils. Je suis, « je l’avoue, une âme pécheresse, une épouse infidèle, « qui ai manqué une infinité de fois à la foi donnée : « Mais revenez , me dites-vous, ô Seigneur! revenez , « je vous recevrai 1 ; pourvu que vous ayez repris votre « première robe, et que vous portiez, dans l’anneau « que l’on vous met au doigt, la marque de l’union où « le Verbe divin entre avec vous. Rendez-moi cet anu neau mystique : revètez-moi de nouveau, ô mon Père, « comme un en'ant prodigue qui retourne à vous, de « cette robe ue l'innocence et de la sainteté que je dois « apporter à votre Table. C’est l'immortelle parure que « vous nous demandez, vous qui êtes en même temps « l’époux, le convive et la victime immolée qu’on nous « donne à manger. C’est à cette Table mystérieuse que
1 Jer., ni, 1.
« l'on trouve l'accomplissement de cette parole : Qui « me mange vivra pour moi 1 . Qu’elle s’accomplisse en « moi, ô mon Sauveur ! que j’en sente l’effet : transfor- « mez-moi en vous, et que ce soit vous-même qui vi- « viez en moi. Mais, pour cela, que je m’approche de « ce céleste repos avec les habits les plus magnifiques; « que j'y vienne avec toutes les vertus; que j’y coure « avec une joie digne d’un tel festin et de la viande « immortelle que vous m’y donnez*. »