LIV. I. CllÀP. XIX
Les uns nous sont nécessaires au temps de la tentation, les autres au temps de la paix et un repos.
Autres sont les pensées qui nous plaisent dans la tristesse, ou quand nous éprouvons de la joie en Dieu.
6. Il faut, vers l’époque des grandes fêtes, renouveler nos pieux exercices, et implorer avec plus de ferveur les suffrages des Saints.
Proposons-nous de vivre d’une fête à l’autre, comme si nous devions alors sortir de ce monde, et entrer dans l’éternelle fête.
Et pour cela préparons-nous avec soin dans ces saints temps, par une vie plus fervente, par une plus sévere observance des règles, comme devant bientôt recevoir de Dieu le prix de notre travail.
7. Et si ce moment est différé, croyons que nous ne sommes pas encore bien préparés, ni dignes de cette gloire immense qui nous sera découverte en son temps, et redoublons d’efforts pour nous mieux disposer à ce passage.
Heureux le serviteur, ait saint Luc, que le Seigneur , quand il viendra , trouvera veillant . Je vous dis, en vérité, qu’il l’établira sur tous ses biens L
La vie de l’homme sur la terre est un combat ‘perpétuel 2 contre le démon , contre le monde et contre lui-même. Les uns se retirent dans le cloître pour résister plus aisément, les autres demeurent au milieu
1 Luc., xii, 37. — 2 Job, vil, 1.
62 L’IMITATÏON DE JÉSDS-CHR1ST.
du siècle : mais tous ne peuvent vaincre que par l'exercice d’une continuelle vigilance. L'habitude du recueillement, l'amour de la retraite, une attention constante sur ses paroles, ses pensées, ses sentiments, la fidélité aux plus légers devoirs et aux plus humbles pratiques, préservent de grandes tentations, et attirent les grâces du Ciel. Celui gui néglige les petites choses • tombera peu à peu 1 , dit l'Esprit saint.