Si vous pensiez plus souvent à votre
mort qu’à la longueur de la vie, nul doute que vous n’auriez plus d’ardeur pour vous corriger.
Et si vous réfléchissiez sérieusement aux peines de l’Enfer et du Purgatoire, je crois que vous supporteriez volontiers le travail et la douleur, et que vous ne redouteriez aucune austérité.
Mais parce que ces vérités ne pénètrent point jusqu’au cœur, et que nous aimons encore ce qui nous flatte , nous demeurons froids et négligents.
6. Souvent c’est langueur de l’âme, si notre chair misérable se plaint si aisément.
Priez donc humblement le Seigneur qu’il vous donne l’esprit de componction , et dites avec le Prophète : Nourrissez-moi , Seigneur, du pain des larmes ; abreuvez-moi du calice des pleurs ‘.
RÉFLEXION
La douleur est le fond de la vie humaine. Souffrances du corps , maladies de l’âmc , inquiétudes , afflictions, pèche, tel est l'accablant fardeau qu’il nous faut porter, depuis notre naissance jusqu’à la tombe; et cependant, à force de travail, l’homme parvient à découvrir , au milieu de ses misères, je ne sais quelles joies insensées dont il s’enivre avidement. Fuyons ces , folles joies du monde : arrêtons notre pensée sur le châtiment qui les doit suivre , sur nos fautes si multipliées; et demandons à Dieu avec la componction du cœur, ce repentir plein d’amour, ces heureuses larmes que Jésus a bénies par ces consolantes paroles: Beaucoup de péc/iés vous sont remis, parce que vous ave s beaucoup aimé *.
'• ps. lxxix , 6. — * Luc., vu, 47.