‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 50 sur 323 · UT. I. CHAP. XX · texte numérisé non relu

UT. I. CHAP. XX

si vous étiez à présent toujours en crainte et en défiance de la mort !

Étudiez-vous maintenant à vivre de telle sorte qu’à l’heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de craindre.

Apprenez maintenant à mourir au monde , afin de commencer alors à vivre avec Jésus- Christ.

Apprenez maintenant à tout mépriser, afin de pouvoir alors aller librement à Jésus- Christ.

Châtiez maintenant votre corps par la pénitence , afin que vous puissiez alors avoir une solide confiance.

7. Insensés , sur quoi vous promettez-vous de vivre longtemps , lorsque vous n’avez pas un seul jour d’assuré?

Combien ont été trompés et arrachés subitement de leurs corps !

Combien de fois avez-vous ouï dire : Cet homme a été tué d’un coup d’épée, celui-ci s’est noyé , celui-là s’est brisé en tombant d’un lieu élevé j l’un a expiré en mangeant , l’autre en jouant ; l’un a péri par le feu , un autre par le fer, un autre par la peste, un autre par la main des voleurs.

Et ainsi la fin de tous est la mort , et la vie des hommes passe comme V ombre 1 .

8. Qui se souviendra de vous après votre mort , et qui priera pour vous ?

1 Job, xiv, lo. Ps. CX. LUI, ♦.

Faites, faites maintenant, mon cher frère, tout ce que vous pouvez , car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni ce qui suivra pour vous la mort.

Tandis que vous en avez le temps, amassez des richesses immortelles.

Ne pensez qu’à votre salut, ne vous occupez que des choses de Dieu.

Faites-vous maintenant des amis, en honorant les Saints et en imitant leurs œuvres, afin qu’an'ivé au terme de cette vie, ils vous reçoivent dans les. tabernacles éternels l .

9. Vivez sur la terre comme un voyageur et un étranger à qui les choses du monde no sont rien.

Conservez votre cœur libre et toujours élevé vers Dieu , parce que vous n’avez point ici-bas de demeure permanente 2 .

Que vos gémissements , vos larmes , vos prières, moutent tous les jours vers le ciel, afin que votre âme , après la mort, mérite de passer heureusement à Dieu.

RÉFLEXION

Approchez de cette fosse, regardez ces ossements , blanchis et déjoints : voilà tout ce qui reste ici-bas d’un homme que vous avez connu peut-être, et qui ne pensait pas plus à la mort, il y a peu d'années, que vous n’y pensez aujourd’hui. Ne fallait-il pas, en eflêt, qu’il songeât d’abord à sa fortune, à celle des siens, à l’établissement de sa famille ? aussi s’en est-il occupé jusqu'au dernier moment. Eh bien ! maintenant allez,

* Luc., xvi, 9. — 2 Heb., xm, 14.

UV. I. CHAP. XXIV.

entrez dans sa maison. Des héritiers indifférents y jouissent des biens qu’il avait amasses, et travaillent eux-mêmes à en amasser de nouveaux : du reste nul souvenir du mort. Quelque chose de lui subsiste cependant, et la tombe ne le renferme pas tout entier. Il avait une àme, une âme rachetée du sang de Jésus- Christ : où est-elle? à l’instant où elle quitta le corps, sa demeure fut üxée, ou dans le ciel sans crainte désormais, ou dans l’enfer sans espérance. Terrible, terrible alternative ! Et à présent, plongez-vous dans les soins de la terre, différez votre conversion : dites encore, Usera temps demain. Insensé ! ce temps, dont tu abuses, creuse ta fosse, et demain ce sera l’éternité I

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