‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 60 sur 323 · LIV. II. CHAP. I · texte numérisé non relu

LIV. II. CHAP. I

que l’amour de Jésus apprend à l’homme à se mépriser lui-même.

Celui qui aime Jésus et la vérité, un homme vraiment intérieur, et dégagé de toute affection déréglée , peut librement s’approcher de Dieu , et, s’élevant en esprit au-dessus de soimême , se reposer en lui par une jouissance anticipée.

7. Celui qui estime les choses suivant ce qu’elles sont , et non d’après les discours et l’opinion des hommes , est vraiment sage ; et c’est Dieu qui l’instruit plus que les hommes.

Celui qui vit au dedans de lui-même, et qui s’inquiète peu des choses du dehors, tous les lieux lui sont bons, et tous les temps pour remplir ses pieux exercices.

Un homme intérieur se recueille bien vite,

S arce qu’il ne se répand jamais tout entier au ehors.

Les travaux extérieurs, les occupations nécessaires en certains temps, ne le troublent point; mais il se prête aux choses, selon qu’elles arrivent.

Celui qui a établi l’ordre au dedans de soi, ne se tourmente guère de ce qu’il y a de bien ou de mal dans les autres.

L’on n’a de distractions et d’obstacles qu’autant que l’on s’en crée soi-même.

8. Si vous étiez ce que vous devez être, entièrement libre et détaché , tout contribuerait à votre bien et à votre avancement.

Mais beaucoup de choses vous déplaisent

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et souvent vous troublent, parce que vous n’êtes pas encore tout à fait mort à vous-méme et séparé des choses de la terre.

Rien n’embarrasse et ne souille tant le cœur de l'homme que l’amour impur des créatures.

Si vous rejetez les consolations du dehors , vous pourrez contempler les choses du ciel , et goûter souvent les joies intérieures.

RÉFLEXION

L’âme ehrétienne, détachée du monde, n’a qn’un désir pour le temps comme pour l’éternité ; d’être unie à Jésus, de cette union ineffable dont la divine peinture nous ravit tians le cantique mystérieux de l’amour. Mon bien-aii.ié est à moi, et je suis à iui; il repose entre les lis, jusqu’à ce que l’aurore se lève, et que les ombres déclinent *. Hélas! que cherchez - vous nu dehors ? Rentrez, rentrez en vous-même, préparez au céleste époux une demeure digne de lui, et il viendra, et il s’y reposera ; car ses délices sont d’habiter dans le cœur qui l’appelle. Alors, seul avec Jésus, loin des bruits de la terre , dans le silence des créatures, il vous parlera, comme un ami parle à son ami*, et transporté de l’entendre, vous ne voudrez plus à jamais écouter que lui.

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