LIV. II. CHAP. TI
L’allégresse des justes est de Dieu et en Dieu, et leur joie vient de la vérité.
Celui qui désire la gloire véritable et éternelle dédaigne la gloire du temps.
Et celui qui recherche la gloire du temps, et ne la méprise pas de toute son âme, montre qu’il aime peu la gloire éternelle.
Il jouit d’une grande tranquillité de cœnr, celui que n’émeut ni la louange ni le blâme.
3. Il sera aisément en paix et content, celui dont la conscience est pure.
Vous n’êtes pas plus saint parce qu’on vous loue, ni plus impartait parce qu’on vous blâme.
Vous êtes ce que vous êtes; et tout ce qu’on pourra dire ne vous fera pas plus grand que tous ne l’êtes aux yeux de Dieu.
Si vous considérez bien ce que vous êtes en • vous-même, vous vous embarrasserez peu de ce que les hommes disent de vous.
L’homme voit le visage , mais Dieu voit le cœur *. L’homme regarde les actions, mais Dieu pèse l’intention.
Faire toujours bien et s’estimer peu , c’est le signe d’une âme humble.
Ne vouloir de consolation d’aucune créature, c’est la marque d’une grande pureté et d’une grande confiance intérieure.
4. Quand on ne cherche au dehors aucun témoignage en sa faveur, il est manifeste qu’on s’est entièrement remis à Dieu.
1 1. Rej., xvi, 7.
Car ce n’est pas celui qui se recommande lui même qui est approuvé, dit saint Paul, mat# celui que Dieu recommande *.
Avoir toujours Dieu présent au dedans de soi, et ne tenir à rien au dehors, c’est l’état de l’homme intérieur.
RÉFLEXION
Nul repos pour celui qui ne le trouve pas en soi. Le cœur inquiet qui cherche au dehors dans les créatures la paix dont il est privé intérieurement, se fait une grande illusion ; elle n’est pas là. Pourquoi vous tromper vousmême ? La mer soulevée par les tempêtes n’est pas plus agitée que le monde ; et vous lui dites : Apaise mon trouble ! il n’y a de calme que dans le sein de Dieu ; il n’y a de joie que dain la conscience pure. Les plaisirs distraient, les passions enivrent un moment; mais ce moment passé, que reste-t-il? Et encore que d’ennui souvent et que d’amertume pendant sa durée ! Vous représentez-vous, au contraire, une félicité comparable à celle qui accompagne l'innocence ; quelque chose qui, dès ici-bas, ressemble plus au ciel, que l'état d’une âme détachée de la terre, et tranquille sous la main de Dieu qu’elle possède déjà par l’espérance et par l’amour? Eh bien donc, que cet état devienne le vôtre ; venez et goûtez combien le Seigneur est doux s : fmtes un effort, veuillez seulement : celui qui donne le bon vouloir, vous donnera aussi de l’accomplir.
‘ H. Cor., x, 1S. — 1 Ps. xxviti,»
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