L1V. I. CHAP
la simple connaissance d’aucune chose : car elle est bonne en soi et dans l'ordre de Dieu ; seulement on doit préférer toujours une conscience pure et une vie sainte.
Mais parce que plusieurs s’occupent davantage de savoir que de bien vivre, ils s’égarent souvent, et ne retirent que peu ou point de fruit de leur travail.
5. Oh ! s’ils avaient autant d’ardeur pour extirper leurs vices et pour cultiver la vertu, que pour remuer de vaines questions, on ne Verrait pas tant de maux et de scandales dans le peuple, ni tant de relâchement dans les monastères.
Certes, au jour du jugement on ne nous demandera point ce que nous avons lu, mais ce que nous avons fait; ni si nous avons bien parlé, mais si nous avons bien vécu.
Dites-moi où sont maintenant ces maîtres et ces docteurs que vous avez connus, lorsqu’ils vivaient encore, et qu’ils fleurissaient dans leur science ?
D’autres occupent à présent leurs places, et je ne sais s’ils pensent seulement à eux.
Ils semblaient, pendant leur vie, être quelque chose, et maintenant on n’en parle plus.
Oh ! que la gloire du monde passe vite !
Plût à Dieu que leur vie eût répondu à leur science I Ils auraient lu alors et étudié avec fruit.
Qu’il y en a qui se perdent dans le siècle par une vaine science, et par l’oubli du service de Dieu 1
LIMITATION 1)L JÉSl’S-CHRIBT.
Et parce qu’ils aiment mieux être grands que cPêtre humbles, ils s’évanouissent dans leurs pensées.
Cel ui-là est vraiment grand, qui aune grande charité.
Celui-là est vraiment grand, qui est petit à ses propres yeux, et pour qui les honneurs du monde ne sont qu'un pur néant.
Celui-là est vraiment sage, qui, pour gagner Jésus-Christ, regarde comme de la boue toutes les choses de la terre x .
Celui-là possède la vraie science, qui fait la volonté de Dieu, et renonce à la sienne.
RÉFLEXION
Il y a deux doctrines , mais il n’y a qu’une vérité. Il y*a deux doctrines, l’une de Dieu, immuable comme lui ; l’autre de l’homme, changeante comme lui. La sagesse iucréée, le Verbe divin répand la première dans les âmes préparées à la recevoir ; et la lumière qu’elle leur communique est une partie de lui-même, de la vérité substantielle et toujours vivante. Offerte à tous, elle est donnée avec plus d’abondance à l’humble de cœur; et comme elle ne vient pas de lui . qu’elle peut à chaque instant lui être retirée, qu’elle ne dépend en aucune façon de l’intelligence qu'elle éclaire , il la possède sans être tenté de vaine complaisance dans sa possession. La doctrine de l'homme , au contraire , flatte son orgueil , parce qu'il en est le père. « Cette idée m’appartient ; j’ai « dit cela le premier; on ne savait rien là-dessus avant « moi.» Esprit superbe, voilà ton langage. Mais bientôt on conteste à cette puissante raison ce qui fait sa joie ; on rit de scs idées fausses au’elle a crues vraies, de
» Philipp. in , 8.