‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 90 sur 323 · Comment puis-je, en cette misérable vie · texte numérisé non relu

Comment puis-je, en cette misérable vie

* Joann., xh, 48. — 3 Ps. xxiv, 6.

porter le poids de moi-même, si votre miséricorde et votre grâce ne me fortifient ?

Ne détournez pas de moi votre visage ; ne différez pas à me visiter; ne me retirez point votre consolation, de peur qu e, privée de vous , mon âme ne devienne comme une terre sans eau 1 .

Seigneur , apprenez-moi à faire votre volonté 2 ; apprenez-moi à vivre d’une vie humble et digne de vous.

Car vous êtes ma sagesse, vous me connaissez dans la vérité, et vous m’avez connu avant que je fusse au monde, et avant même que le monde fût.

RÉFLEXION

Rien de plus rare qu’un désir sincère du salut ; et c’est ce qui doit nous faire trembler, car notre sort à chacun sera ce que nous l’aurons fait : Dieu nous aide, il vient par sa grâce au secours du libre arbitre, mais il ne le contraint pas. Or que voyons-nous ? Quel spectacle nous offre le monde ? Nous ne parlons point ici de l’impie résolu à se perdre, et déjà marqué du sceau de la réprobation : nous parlons de ceux qui se disent, qui se croient les disciples de Jésus-Christ. Dans la spéculation, ces chrétiens veulent se sauver ; mais ils veulent en même temps , ils veulent surtout posséder les biens et g-oûter les jouissances de la terre. Ils donneront à Dieu, en passant, quelques prières obligées ; ils s’informeront de sa loi pour connaître ce qu’elle commande strictement : puis , tranquilles de ce côté, ils se jetteront à la poursuite des honneurs, des richesses, des plaisirs qu’ils nomment légitimes, ou ils s’endormiront dans une vie de mollesse permise à leurs yeux, parce qu'elle ne viole en apparence aucun précepte formel. Mais dans tout cela, ou est la foi qui doit regler toutes

* Ps. cxlii , 6. — * Ibid., 10.

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