LIV. 111. CI! A P. V
Dévoué à Dieu sans réserve , et toujours plein «le reconnaissance, il ne cesse point de se confier en lui , d’espérer en lui , lors même qu’il semble en être délaissé , parce qu'on ne vit point sans douleur dans l’amour.
8. Qui n'est pas prêt à tout souffrir et à s’abandonner entièrement à la volonté de son bien-aimé, ne sait pas ce que c’est que d’aimer.
Il faut que celui qui aime embrasse avec joie tout ce qu’il y a de plus dur et de plus amer, pour son bien-aimé , et qu’aucune traverse ne le détache de lui.
Dieu est amour, et celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu en lui l . Mais l’amour a ses temps d’épreuve, comme ses temps de jouissance ; et cette vie tout entière ne doit être qu’un continuel exercice d’amour , ou la consommation d’un grand sacrifice , dont une vie éternelle ou un amour immuable sera le prix. Tous les caractères de la charité, détaillés par saint Paul 2 , nous rappellent l’idée de sacrifice ; et l’amour infini lui-même n’a pu se manifester pleinement à nous que par un sacrifice infini. Dieuatant aimé le monde, qu’il a donné son fils unique* ; et notre amour pour Dieu ne peut non plus se manifester que par un sacrifice, non pas égal , il est impossible, mais semblable, par le don de tout notre être ou une parfaite obéissance de notre esprit , de notre cœur et de nos sens, à la volonté de celui qui nous a tant aimés . C’est alors que s'accomplit cette union ineffable que Jésus-Christ, à saderniere heure, conjurait son père d'opérer entre lui et la créature rachetée *. Pendant
1 I. Joann., iv, 16. — 2 l. Cor.,xm. — 3 Joan., m,