LA CORDELIÈRE
Viens joindre ton mari, tant de fois regretté : Prens tes enfants, ce tendre gage, Peut-être l’unique avantage Que la veuve du peintre ait jamais hérité.
La Mort , envers vous tous usant de charité , Vous affranchit et vous soulage :
Tes enfants de la pauvreté ,
Et toi , du fardeau du veuvage :
Hâte-toi de plier bagage ,
Ton véritable époux , un céleste héritage , T’attendent daus l’éternité.
Femme de grand’ dévotion Laissez là vos dévotes mines,
Quittez la contemplation,
Vos chapelets et vos matines;
Si vos prières sont bien dignes,
Elles vous vaudront devant Dieu.
Rien ne vaut, ni soupirs ni signes, Car sans vertu tout est bien peu. »
[Garnier de Troyes.)