‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 24 sur 111 · Ne comptez point sur vos amis ni sur vos · texte numérisé non relu

Ne comptez point sur vos amis ni sur vos

proches , et ne différez point votre salut à l'avenir ; car les hommes vous oublieront plus vite ((ue vous ne pensez.

Il vaut mieux y pourvoir à temps, et envoyer quelque bien devant vous, que décompter sur le secours des autres.

Si vous n'avez à présent aucun souci de vousmême, qui en aura à l'avenir?

Voici maintenant un temps bien précieux ; voici les jours du salut ; voici le temps favorable. (II Cor. 6, 2.)

Mais, quelle douleur! que vous n'employiez pas mieux ce qui peut vous servir à mériter de vivre éternellement!

II viendra ce moment oîi vous désirerez un seul jour , ou même une heure , pourvotreamendement , et je ne sais si vous l'obtiendrez.

6. Ah! mon cher frère, de quel péril vous pourriez vous tirer , de quelle frayeur vous vous délivreriez, si à présent vous viviez toujours en crainte et en défiance de la mort !

Étudiez-vous maintenant à vivrede telle sorte, qu'à l'heure de la mort vous ayez plus sujet de vous réjouir que de craindre.

Apprenez maintenant à mourir au monde , afin de commencer alors à vivre avec Jésus- Christ.

Apprenez maintenant à tout mépriser, afin de pouvoir alors aller librement à Jésus-Christ.

Châtiez maintenant votre corps par la p('nilence, afin qu'alors vous puissiez a\on' mie ferme confiance.

7. Insensé! comment vous promettez-vous de vivre longf-temps, puisque vous n'oACz pas icibas un seul jour d'assuré ?

Combien ont été trompés et arracliés de leurs corps contre leur attente !

Combien de fois avez-vous ouï dire : Cet homme a été tué d'un coup d'épée , celui-ci s'est noyé, celui-là en tombant de haut s'est brisé la tête, cet autre a expiré en mangeant, cet autre en jouant a terminé ses jours !

L'un a péri par le feu , l'autre par le fer , un

autre par la peste, un autre parla main des

voleurs : ainsi la fin de tous est la mort , et la

vie des hommes passe rapidement comme L'om-

Ps. 143, 4.)

8. Qui se souviendra de vous après votive mort, et qui priera pour vous?

Faites, faites maintenant, mon cher frère , tout ce que vous pouvez , car vous ne savez pas quand vous mourrez, ni quelles seront pour vous les suites de la mort.

Tandis que vous en avez le temps ^ amassez des richesses immortelles.

Ne pensez qu'à votre salut : ne vous occupez que des choses de Dieu.

Failcs-voiis maintenant des amis , en liono-

tf;

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rant les saints et en imitant leurs aciious, afin qu'après cette vie, ils vous reçoivent dans les tabernacles éternels. [Luc, iii, 19. )

9. Vivez sur la terre eomme un voya{}eur et un étranger qui n'a rien à voir aux alTaires de ce monde.

Conservez votre cœur libre et élevé veis Dieu , parce que vous n'avez point ici-bas une cité permanente. (Ilebr. 15, 14. )

Adressez tous les jours au Ciel vos prières, vos gémissemens accompagnés de larmes , afin qu'après la mort, voire ame mérite de passer heureusement à Dieu. Ainsi soit-il.

RÉFLEXION

"est une étrange faiblesse de l'esprit humani, que jamais la mort ne lui soit présente, quoiqu'elle se mette en vue de tous côtés, et en mille formes diverses. On n'entend dans les funérailles que des paroles d'étounement , de ce que ce moitel est mort. Chacun rappelle eu son souvenir depuis quel temps U lui a parlé, et de quoi le défunt l'a entretenu ; et tout d'un coup il est mort : voil'a dit-on , ce que c'est que l'homme; et celui qui le dit, c'est un homme ; et cet homme ne s'applique rien, oublieux de sa destinée; ou , s'il passe dans son esprit quelque désir volage de s'y préparer, il dissipe bientôt ces noires idées : et je puis dire que

fïÂ

N toutes choses regardez la fin ; ^

^ songez de quelle manière vous lÉ^^)

4,' vous tiendrez devant ce Juge t^J^}-^

sévère , à qui rien n'est caché , 'm^'k^

f"^:-^.. qu'on n'apaise point par des

présens, qui ne reçoit point d'excuses, mais qui jugera selon la justice.

0 pécheur misérable et insensé ! que répondrez-vous à Dieu qui sait tous vos crimes, vous qui tremblez quelquefois à l'aspect d'un homme en colère !

Que ne prenez-vous d'avance vos mesures pour le jour du jugement , puisque personne ne pourra être excusé, ni défendu par un autre ; mais que chacun sera pour soi-même un fardeau assez pesant?

Maintenant voire travail produit son fruit , vos larmes peuvent être agi-éées, vos gémissemens exaucés : votre douleur expie vos péchés et purifie votre ame.

i2. II a ici-bas un {jrand et salulaire pur^^atoire, riiomme patient qui» recevant un outrage , s'afflige plus de la malice d'aulrui que de sa propre injure ; qui prie volontiers pour ceux qui lui sont opposés, et leur pardonne de bon cœur; qui n'hésite point à demander pardon aux autres; qui est plus porté à la compassion qu'à la colère ; qui se fait souvent violence à lui-même , et qui s'efforce d'assujettir entièrement la chair à l'esprit.

II vaut mieux se purifier maintenant de ses péchés, et retrancher ses vices, que de remettre à les expier en l'autre vie.

Nous nous trompons vraiment nous-mêmes par l'amour désordonné que nous avons pour notre chair.

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