‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 53 sur 111 · CHAPITRE XVIIT · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIIT

eu IL FAUT, A l'exemple DE JKSUS-CHIilST, SOUFFIUR AVE l'ATIENCE LES JIISÈliES DE CETTE VIE.

ON fils , je suis descendu du ciel I pour voire salut; je me suis Sr^ chargé de vos misères, non par i^£. B.'^g. nécessité, mais par charité, afin ^.^-sê^ de vous apprendre à être patient et à supporter sans murmure les maux de celte vie.

Car depuis l'heure de ma naissance, jusqu'à ma mort sur la croix, je n'ai jamais été sans douleur.

J'ai vécu dans une extrême indigence des choses de ce monde ; j'ai entendu souvent bien ip^m^w i "\ des plaintes de moi ; j'ai souffert avec douceur rl'^^'^V la confusion et l'opprobre : pour mes bienfaits, j'ai recueilli l'ingratitude ; pour mes miracles , le blasphème ; pour ma doctrine , des censures. 2. Seigneur, puisque vous avez été patient dans votre vie , principalement pour accomplir ^^ ~^.^ ^^. en cela les ordres de votre Père , il est juste que /^ ' ^ ^ moi, misérable pécheur, je souffre patiemment selon votre volonté, et que je porte pour mon salut, aussi long-temps que vous le voudrez, le poids de cette vie corruptible.

Car, bien que la vie présente soit pénible,

elle est cependant 1res méritoire par votre grâce, votre exemple et les traces de vos saints l'ont rendue plus supportable et plus brillante pour les faibles.

Elle est même beaucoup plus remplie de consolations qu'autrefois sous l'ancienne loi ; quand les portes du ciel étaient encore fermées, que la voie du ciel semblait plus obscure, et que si peu s'occupaient de chercher le royaume des cieux.

Ceux même qui étaient alors justes et devaient être sauvés , ne pouvaient entrer dans le royaume céleste avant votre passion et le tribut sacré de votre mort.

5. Oh! quelles grâces ne dois-jepas vous rendre, de ce que vous avez daigné me montrer, et à tous les fidèles, la voie droite et sûre qui con- ^^j^ duit à votre royaume éternel !

"^ Car votre vie est noire voie ; et par une sainte patience , nous marchons vers vous , qui êtes notre couronne.

Si vous ne nous aviez précédés et instruits , qui songerait à vous suivre?

Hélas ! combien resteraient en arrière et bien loin , s'ils n'avaient devant les yeux vos exemples éclatans !

Voici qu'après tant de miracles et d'instructions nous sommes encore lièdes. Que serait-ce, si tant de lumière ne nous .«uidai! sur vos traces?

RÉFLEXION

^^1 mon Dieu ! vous qui voyez le fond de notre misère, vous seul pouvez nous guérir : Lâtez-vous de nous donner la foi, l'espérance, l'amour, le courage chrétien qui nous manquent. Faites que nous jetions sans cesse les yeux sur vous , ô Père tout-puissant! qui ne donnez rien à vos cliers enfans que pour leur salut, et sur Jésus votre Fils, qui est notre modèle dans les souffrances. Vous l'avez attaché sur la croix pour nous ; vous l'avez fait l'homme de douleur, pour nous apprendre combien les douleurs sont utiles. Que la nature molle et lâche se taise donc à la vue de Jésus rassasié d'opprobres et écrasé par les souffrances. Relevez mon cœur, ô mon Dieu ! Donnez-moi un cœur selon le vôtre, qui s'endurcisse contre soi-même, qui no craigne que de vous déplaire , qui du moins craigne les douleurs éternelles , et non pas celles qui nous préparent à votre royaume. Seigneur , vous voyez la faiblesse et la désolation de votre créature : elle n'a plus de ressource en elle-même, tout lui manque. Tant mieux , pourvu que vous ne lui manquiez jamais , et qu'elle cherche en vous avec conOance tout ce qu'elle désespère de trouver dans son propre cœur.

FÉ.NELON.

DK LA SOL'FFRANCE DES INJURES, ET DES MARQUES BE LA VÉRITABLE PATlEHCt.

^^■¥7'^'^)Jçi'B ouRQuoi ces paroles, mon fils? ©^;&^Mr^ Cessez devons plaindre en con-

Pjlj^ sidérant mes souffrances et celles r^Vi^ de mes saints. ^i^^i^Ûi Vous n'avez -pas encore résislé jusqu'au sang. (Heb. , 12, 4.

Ce qne vous souffrez est peu en comparai- i^J] son de ce qu'ont souffert tant d'autres, qui ont ^^^J^ été si violemment tentés , si cruellement affli- ^1 gés, éprouvés et cKcrcés en tant de manières. Rappelez donc à votre esprit les peines accablantes des autres , pour supporter plus ais('ment les vôtres qui sont si légères.

Et si elles ne vous paraissent pas légères , prenez garde que cela ne vienne de votre impatience.

Cependant, grandes ou petites, efforcezvous de les supporter patiemment.

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