ET DES MISERES DE
E confesserai contre moi mon inJHsiicc {Ps. 51 , S) : je vous confesserai, Seigneur, mon infirmiië.
Souvent peu de chose m'abal et m'attriste. Je me propose d'agir avec lorce; maisà la moindre tentation qui survient, je me trouve dans une grande per])lexité.
C'est quelquefois la chose la plus vile qui me cause une violente tentation.
Et lorsque je pense être un peu en sûreté et que je ne sens aucun trouble, je me trouvequelquefois presque abattu par un léger souffle.
2. Voyez donc, Seigneur, ma bassesse et ma fragilité, que tout manifeste à vos yeux.
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Ayez pitié de moi , el retirez-moi de la boue, decjmnte que je n'y enfonce (Ps. 48, iù) , et que je ne demeure toujours dans riiumiliation.
Ce qui souvent m'afflige et me confond devant vous , c'est de tomber si aisément, et d'être si faible contre mes passions.
Quoique je n'aille pas jusqu'à leur céder entièrement, leurs sollicitations me foti{juent et me pèsent ; et ce m'est un grand ennui de vivre ainsi toujours en guerre.
Ce qui me fait connaître ma faiblesse , c'est que les plus horribles imaginai ions s'emparent toujours de mon esprit bien plus facilement qu'elles n'en sortent.
5. Puissant Dieu d'Israël , zélateur des âmes fidèles, daignez jeter un regard sur les travaux et les peines de votre serviteur , et l'assister dans tout ce qu'il entreprendra.
Remplissez-moi d'une force céleste , afin que le vieil homme, cette misérable chair qui n'est pas encore entièrement soumise à l'esprit, ne prévale et ne domine ; elle qu'il faudra sans cesse combattre, tant que nous respirerons en cette misérable vie.
Hélas ! qu'est-ce que cette vie , pleine de tribulations et de misères, environnée de pièges et d'ennemis?
Est-on délivré d'une tribulation ou d'une tentation, une autre lui succède : et l'on combat
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même encore la première, que d'auircs surviennent inopinément.
4. Et comment peut-on aimer une \ie remplie de tant d'amertumes , sujette à tant de calamités et de misères?
Comment même lui donner le- nom de vie, lorsqu'elle engendre tant de douleurs et tant de morts?
Et cependant on l'aime, et plusieurs y cherchent leur félicité.
On reproche souvent au monde d'être trompeur et vain ; et toutefois on le quitte difficilement, parce qu'on est trop dominé par les convoitises de la chair.
Certaines choses nous inclinent à aimer le monde, d'autres à le mépriser.
Le désir de la chair, le désir des yeux el l'orgueil de la vie (I. Jean, 2, 16) inspirent l'amour du monde ; mais les peines et les misères qui les suivent justement font naître pour lui de la haine et du dégoût.
5. Mais, hélas! le plaisir mauvais triomphe de l'ame livrée au monde : elle croit trouver des délices sous les épines , parce qu'elle n'a jamais connu ni goûté la douceur de Dieu et le charme intérieur de la vertu.
Mais ceux qui méprisent le monde parfaitement , et s'efforcent de vivre 'pour Dieu sous une simple discipline , connaissent cette divine
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douceur promise au vrai renoncement, et voient plus clairement combien le monde s'égare dangereusement et en combien de manières il se trompe.
RÉFLEXION
^PRÈs cela, serons-nous toujours enchantes de l'amour de cette vie périssable? C'est vainement, dit saint Augustin, que vous paraissez passionnés pour elle. « Cette maîtresse infidèle vous i> crie tous les jours : Je suis laide et désagréable; » et vous la chérissez avec ardeur. Elle vous crie : » Je vous suis rude et cruelle; et vous l'embrassez 1) avec tendresse. Elle vous crie : Jesuischangeanle » et volage ; et vous l'aimez avec attache. Elle est » sincère en ce point, qu'elle vous avoue fran- » chement qu'elle ne sera pas long-temps avec » vous , et que bientôt elle vous manquera comme » un faux ami au milieu de vos entreprises ; et vous » faites fondement sur elle, comme si elle était n bien sûre et fidèle à ceux qui s'y fient. » Mortels, désabusez-vous , vous qui ne cessez de vous tourmenter, et qui faites tant de choses pour mourir plus tard : « Songez plutôt, dit saint Augus- » tin , a entreprendre quelque chose de considéra- » ble pour ne mourir jamais. »
BOSSUET
DE JESUS-CUlllbl.
CHAPITllE XXI.
' ^ ifill t'UIL FAtT SE REPOSEU EN DIEU AU-DESSUS DE TOUS LES BIE\.S >'