‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 58 sur 111 · CHAPITRE XXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXII

DU SOL'VEiVIR DES BIE^FAITS INNOMBRABLES DE DIEU.

E I G N E u R , ouvrez mon cœur a voire loi, et enseignez-moi à marcher clans la voie de vos commandemens.

Donnez-moi de connaître voire volonté, el de repasser en ma mémoire, avec un pi'ofond respect et une sérieuse attention, tous vos bienfaits, tant en général qu'en particulier, afin de vous en rendre de dignes actions de grâces.

Je sais cependant , cl je confesse que je ne fi puis reconnaître dignement la moindre de vos faveurs.

Je suis au-dessous de tous les biens que vous m'avez accordés, el quand je considère votre majesté , mon esprit s'abîme dans votre grandeur.

DE JÉSUS-CHUIST. 22-5

2. Tout ce que nous avons en nous, dans notre corps , clans notre ame ; tout ce que nous possédons au-dedans et au-dehors, naturellement ou surnaturellement , c'est vous qui nous l'avez donné; et vos bienfaits publient la bonté, la tendresse , la libéralité de celui de qui nous viennent tous les biens.

Car tout vient de vous , quoique l'un reçoive plus, l'autre moins; et sans vous on ne peut avoir aucun bien.

Celui qui a reçu davantage ne peut seglorifier de son mérite, ni s'élever au-dessus des autres , ni insulter à celui qui a moins reçu ; car celuilà est le meilleur et le plus grand, qui s'attribue le moins, et qui rend grâces avec le plus de ferveur et d'humilité.

Et celui qui se croit le yAus petit de tous , et qui s' estime le plus indigne, est le plus propre à recevoir de grands dons.

5. Celui qui a moins reçu , ne doit ni s'affiiger, ni se plaindre , ni porter envie à ceux qui sont plus riches ; mais plutôt ne regarder que vous, et louer inûniment votre bonté, toujours prête à répandre ses dons si abondamment, si gratuitement et si volontiers, sans acception de personnes.

Tout vient de vous, et ainsi vous devez être loué en tout.

Vous savez ce qu'il convient de donner à cha-

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(^ cun , pourquoi celui-ci reçoit plus, cet autre moins ; ce n'est pas à nous qu'appartient ce discernement, mais à vous, qui pesez tous les mérites.

4. C'est pourquoi , Seigneur mon Dieu , je regarde comme une grâce singulière d'avoir peu de ces talens qui éclatent au-dehors et qui atli rent les louanges et l'admiration des hommes : et certes si l'on considère son indigence et son abjection , loin de ressentir de la peine , de la tristesse et de l'abattement , on doit plutôt sentir une douce consolation , une grande joie ; car /#^ vous avez choisi , mon Dieu , pour vos amis ( t - " ' ^ -^ vos serviteurs, les pauvres, les humbles, ceux que le monde méprise.

Témoin vos apôtres mômes que vons ave:^ W^ élnblls princes sur toute la terre. (Ps. 44, 17.) 'm))A Cependant ils ont passé dans ce monde sans se plaindre, si humbles et si simples, si éloignés de toute malice et de tout déguisement, qu'ils se réjouissaient de souffrir des outrages pour votre nom , et qu'ils embrassaient avec amour tout ce que le monde abhorre.

5. Rien donc ne doit causer tant de joie à celui qui vous aime et qui connaît le prix de vos bienfaits, que l'accomplissement de votre volonté et de vos desseins éternels sur lui.

Il doit y trouver un contentement, une consolation telle, qu'il consente aussi volontiers d'être

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le plus petit, qu'un autre désirerait d'iîlre le plus grand ; qu'il soit tranquille et satisfait au dernier

^ ranfT, comme dans le premier ; et que, toujours prêt à souffrir les mépris et les rebuis, il s'estime aussi heureux d'être sans nom , sans réputa-

^ tion, que les autres de jouir des honneurs et des grandeurs du monde.

Car votre volonté et l'amour de votre gloire doivent l'emporter sur tout, et lui plaire, et le consoler plus que tous les bienfaits qu'il a reçus ou qu'il recevra.

RÉFLEXION

(^^fs^^'^ '^^" ^™6 publie vos louanges, ô mon Dleul afin de vous aimer davantage; et qu'elle fasse connaître vos miséricordes sur elle, afin de publier vos louanges. Toute créature vous loue et ne cesse de vous louer : celles qui ont l'intelligence élèvent vers vous , par leur propre bouche , leur concert de louanges ; les brutes et les choses purement matérielles vous louent par la bouche de ceux qui considèrent ce qu'il y a de merveilleux dans leur création : ainsi se soulève notre ame de ses langueurs , pour arriver jusqu'à vous : ainsi elle s'appuie en quelque sorte sur vos ouvrages, pour s'élever jusqu'à l'auteur de tant de merveilles : et l'a est sa force et son véritable aliment. Saht alcusti\.

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