‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 73 sur 111 · CHAPITRE XXXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIX

qu'il faut éviteb l'empressement dans les affaires.

ON fils , remetrcz-moi toujours vos inlérêls; j'en disposerai pour le mieux en son temps.

Attendez ce que j'ordonnerai, et vous y trouverez votre avanta(je, % Seif^neur, volontiers, je remets tout entre éMj^ . ^ vos mains ; car j'avance bien peu quand je n'ai ,(^i|W'^'^ que mes propres lumières. \-^^-^--

Que nepuis-je regarder l'avenir sans inquiétude, et m'abandonner sans hésiter à votre vo- -Jl^ Ion té !

'^^^ 5. Mon fils, souvent l'homme poursuit avec :\f{{^ ardeur la chose qu'il désire; et quand ill'a ob- \-y/ tenue, il commence à s'en dégoûter, parce que ^ '/ Y SCS affections ne durent pas long-temps pour le r^^^%l\(w même objet, et qu'elles l'entraînent de l'un à

J autre.

Ce n'est donc pas peu de se renoncer soimême jusque dans les plus petites choses.

4. Le vrai progrès de l'homme est l'abnégation de soi-même; et l'homme qui a renoncé à lui-même est libre et dans une grande assurance.

Cependant l'ancien ennemi , qui s'oppose à tout bien, ne cesse pas de le tenter; il lui dresse jour et nuit de dangereuses embûches pour faire tomber, s'il peut, dans les pièges de la séduction, celui qui ne prend pas garde à soi.

Veillez donc el -priez , dit le Seigneur, afin que vous n'enlriez point en tenlntion (Mattli. , 26,41).

RÉFLEXION

gE vous défiez point de Dieu : pourvu que vous ne lui manquiez point , il ne vous manquera pas, et il vous donnera les secours nécessaires pour aller à lui. Ou sa provideuce vous procurera des conseils au-dehors , ou son esprit suppléera audedaus ce qu'il vous ôtera extérieurement. Croyez en Dieu fidèle en ses promesses , et il vous donnera selon la mesure de votre foi. Fussiez-vous abandonné de tous les hommes , dans un désert inaccessible, la manne y tomberait du ciel pour vous seul, et les eaux abondantes couleraient des rochers. Ne craignez donc que de manquer à Dieu; et encore ne faut-il pas le craindre jusqu'à se troubler. Supportez-vous vous-même, comme on supporte le prochain sans le flatter dans ses Imperfections. Laissez la toutes vos délicatesses d'esprit et de sentiment; vous voudriez les avoir avec Dieu comme avec les hommes. Il se glisse dans ces merveilles un raffinement de goût, et un retour

subtil sur soi-même. Soyez simple avec celui qui ^ aime à se communiquer aux âmes simples. Devenez grossier, non par vraie grossièrelé , mais par renoncement à toutes les délicatesses que le goût de l'esprit donne. Bienheureux les pauvres ci" espril, qui ont fait vœu de pauvreté spirituelle, et qui n'ont jamais pour Tesprit que le nécessaire, dans une continuelle mendicité et dans un abandon sans réserve à la Providence. Oh! que je serais ravi si je vous voyais négligé pour l'esprit , comme une personne pénitente l'est pour les parures du corps !

FÉNELON

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