‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 76 sur 111 · CONTRE LA VAI.^E SCIE.XCE DU SIÈCLE · texte numérisé non relu

CONTRE LA VAI.^E SCIE.XCE DU SIÈCLE

ON fils, ne vous laissez pas émouvoir par la beauté et la subtilité des discours des hommes : car le roijaiime de Dieu ne consiste point dans les discours , mais dans la vertu 1. Cor., 4, Î20)

Soyez attentif à mes paroles, qui enflamment le cœur, éclairent l'esprit, excitent la componction, et consolent en mille manières.

Ne lisez jamais ma parole dans l'intention de paraître plus savant ou plus sage.

Etudiez-vous à mortifier vos vices ; cela vous servira plus que la connaissance de plusieurs questions difficiles.

!2. Après avoir lu et appris beaucoup de choses, il faut toujours en revenir à l'unique principe de toutes choses.

C'est moi qui enseigne la science à l'homme,

qui éclaire l'intelligence des petits enfans , plus

que r homme ne le peut par son enseignement.

Celui à qui je parle sera bientôt sage , et fera

beaucoup de progrès dans la vie de l'esjirit.

Malheur à ceux qui interrogent les hommes sur beaucoup de questions curieuses , et qui

s'inquiètent peu d'apprendre à me servir!

Viendra le jour où le Maître des maîtres, le Christ, le Seigneur des anges, apparaîtra pour entendre les leçons de chacun , cest-à-dire , pour examiner leurs consciences.

Et alors, la lampe à la main, il scrutera Jérusalem (Soph., 1, 12 1, et les secrets des ténèbres seront dévoilés (I. Cor., 4, 5), et les langues des raisonneurs seront réduites au silence.

5. C'est moi qui , en un moment , élève l'ame humble , et la fais pénétrer plus avant dans les secrets de la vérité éternelle, qu'elle n'auraitfait dans les écoles en dix années d'études.

J'enseigne sans le bruit des paroles, sans la confusion des opinions , sans le faste des honneurs , sans le conflit des argumens.

J'apprends à mépriser les biens de la terre, à dédaigner ce qui passe , à rechercher ce qui est céleste, à goûter ce qui est éternel , à fuir les honneurs, à souffrir le scandale, à mettre en moi toute son espérance , à ne désirer rien hors de moi, et à m'aimer ardemment et par-dessus tout.

4. Quelques-uns , en m'aimant ainsi intimement, ont appris des choses toutes divines, dont ils pailaient d'une manière admirable.

Ils ont fait plus de progrès par le renoncement a tout , que par une étude profonde.

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Mais je dis aux uns des choses générales, aux autres des particulières ; je me découvre doucement à quelques-uns sous des symboles et des figures ; je révèle à d'autres mes mystères au milieu d'une vive splendeur.

Les livres parlent à tous le même langage ; mais tous ne s'y instruisent pas également, parce que moi seul j'enseigne la vérité au-dedans , je scrute les cœurs , je pénètre les pensées , j'excite à agir, et je distribue mes dons à chacun selon qu'il me plaît.

REFLEXION

^ :4^E n'appelle point science ce en quoi l'on peut être sujet à erreur. Car la science se com- )^^^ pose non-seulement de ce que l'on a appris, mais '^p))) appris de manière a ne pouvoir ni s'égarer jamais, ni même chanceler sous le choc d'aucune conlradiclion (ce qui faille procès à nos vaines connaissances humaines , et porte ailleurs le sanctuaire de la véritable science). Mais on n'y parvient qu'avec l'assistance, nou des livres, mais d'un seul maître, qui est Jésus-Christ. Lui seul a pu arracher le monde aux ténèbres de l'ignorance, et h la servitude du vice, ainsi qu'aux vaines disputes de la philosophie. Tous les efforts de cette orgueileuse raison humaine n'auraient pu réussir jamais a délivrer le genre humain des ténèbres où il était

Di<: JÉSUS-CHRIST. 295

plongé, et tic la fange du vice où il croupissait, si le grand Dieu, dans un mouvement d'une clémence toute populaire , n'était venu parmi les hommes , courbant et assujettissant l'autorité de sa divine intelligence dans une chair humaine, nous donnant non-seulement des préceptes , mais ses propres exemples, pour réveiller nos âmes, les faire rentrer en elles-mêmes , et les ramener à la patrie, sans tout le vain étalage des disputes de la philosophie.

SAOT AlGlSTiN.

l'Cf

CHAPITFÎE XLIV.

01 'il ke fut ponT s'e5ibarrasseu i)A\s les CnOSES

EXIÉIilELUES.

OA fils , il faut que vous vous teniez dans l'ignorance de beaucoup de choses , et tjue vous vous regardiez comme mort au monde , et pour qui le monde est crucifie.

11 faut aussi fermer f oreille à bien des discours, et jjenser plutôt à vous conserver en paix. Il vaut mieux détourner les yeux de ce qui déplaît , et laisser chacun dans son sentiment , que de se livrer à des paroles contentieuses.

Si vous êtes bien uni à Dieu , et que son jugement vous soit toujours présent , vous supporterez plus facilement d'être vaincu.

2. Ilëlas ! Seigneur , où en sommes-nous venus ? On pleure une perte temporelle ; on travaille , on court pour le moindre gain ; et l'on oublie les pertesde l'ame, et à peine, sur le tard, reviennent-elles à l'esprit.

On est attentif à ce qui ne sert que peu ou point du tout , et l'on passe avec négligence sur s |^ ce qui est souverainement nécessaire, parce Éy que l'homme se répand tout entier au-dcliors ; et s'il ne rentre proinptement en lui-même, il s'ensevelit avec plaisir dans les choses extérieures.

RÉFLEXION

^ÉLAs! nous voudrions savoir quelquefois si nous sommes de bonne foi revenus à Dieu , et si nous vivons dans son amour et dans sa grâce. Je sais que personne ne sait s'il estdig^ne d'amour ou de haine; mais si l'on pouvait s'en assurer en celle vie, ce serait en nous demandant à nous-mêmes si les scandales dont nous sommes tous les jours témoins nous affligent et nous percent de douleur ; si les discours des impies , les dissolulions des moii- ^ dains, au milieu desquels nous vivons , les maux de l'Eglise, les profanations des temples et des autels, la licence publique et la dépravation des mœurs remplissent notre cœur damertume; si nous voyons d'un œil tranquille nos frères s'égarer ei outrager le Seigneur à qui ils appartiennent;

'^vp:,

DE JÉSUS CIIUIST. 297

si nous trouvons même une sorte de plaisir à vivre avec eux, nous n'aimons pas. Quand on aime Dieu, on est touché des intérêts de sa gloire ; et l'amour qui ne sent pas les outrages qu'on fait à ce qu'on aime, n'est plus qu'une indifférence criminelle, y/^ qui ressemble plus à la haine qu'à l'amour.

^"^ MASSILLOr».

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