‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 78 sur 111 · Quel est · texte numérisé non relu

Quel est

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tant de prudence et de circonspection , qu'il ne tombe jamais dans aucune surprise ni dans aucune perplexité?

Mais , Seigneur, celui qui se confie en vous , et qui vous cherche dans la simplicité de son cœur, est moins exposé à ces chutes.

Et s'il tombe dans quelque peine , quel que soit son embarras , vous l'en tirez bientôt , ou vous le consolez ; car vous n'abandonnerez pas celui qui espère en vous jusqu'à la fin.

II est rare de trouver un ami fidèle attaché à son ami dans toutes ses disgrâces.

Vous seul , Seigneur , vous seul , êtes constamment fidèle, et nul autre n'est comparable à vous.

5. Oh ! que de sagesse dans ce que disait celte sainte ame (sainte Agathe j : Mon cœur est affermi et fondé en Jésus-Christ!

S'il en était ainsi de moi, je ne serais pas si

aisémenttroublë par la crainte deshommes, et les

traits de leurs paroles ne m'ébranleraient pas.

Qui peut tout prévoir? qui peut détourner

les maux à venir?

Si ceux qu'on a prévus ne laissent pas souvent nous blesser, que sera-ce de ceux qui nous frappent inopinément !

Mais pourquoi , malheureux que je suis , n'aije point mieux pourvu à moi ? Pourquoi ai-je été si crédule pour les autres ?

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DE JESDS-CHRIST. 299

Mais nous sommes des hommes, et rien autre chose que des hommes fragiles, quoique plusieurs nous croient et nous appellent des anges. A qui croirai-jc, Seigneur? à qui, sinon à vous? Vous êtes la vérité qui ne trompe point, et qui ne peut être trompée.

Encore une fois, tout homme est menteur (Ps. 115, 2) , faible, inconstant, fragile surtout dans ses paroles : de sorte qu'on doit à peine croire d'aiiord ce qui paraît vrai au premier aspect.

4. Que vous nous avez sagement avertis de nous défier des hommes; que ['homme a pour ennemis ceux de sa propre maison { 31ich. , 7, G; Matth., 10, 50), et qu'il ne faut pas croire celui qui dira : li est ici, ouiiest là! (Luc, 17,21.) Je l'ai appris à mes dépens ; puissé-je en devenir plus vigilant et moins insensé !

. Soyez discret, médit quelqu'un ; soyez discret, gardez pour vous seul ce que je vous dis. » Et pendant que je me tais et que je crois la chose secrète , il ne peut lui-même garder le silence qu'il m'a demandé ; mais dans l'instant il me trahit cl se trahit lui-même, et il s'est éloigné. Préservez-moi, Seigneur, de ces discoureurs et de ces indiscrets , de peur que je ne tombe entre leurs mains, et que je n'imite leur exemple.

Mettez dans ma bouche des paroles vraies et

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invariables ; et que ma langue soit étrangère à tout artifice.

Ce que je ne peux souffrir en autrui , je dois m'en préserver avec soin.

5. Oh! qu'il est bon, qu'il est avantageux pour la paix, de se taire sur les autres , de ne pas croire tout indifféremment, de ne pas tout redire sans réflexion, de se découvrir à peu de personnes, devons chercher toujours pour témoin de son cœur, de ne pas se laisser emporter à tout vent de paroles ; mais de désirer que tout en nous et hors de nous s'accomplisse selon votre bon plaisir !

Que c'est un moyen sûr pour conserver la grâce céleste de fuir ce qui a de l'éclat aux yeux des hommes , de ne point rechercher ce qui semble attirer leur admiration; mais de travailler ardemment à acquérir ce qui produit la ferveur et le changement de vie !

A combien d'hommes a nui une vertu connue et louée prématurément !

A combien d'autres a été profitable une grâce conservée dans le silence , durant cette vie fragile qui n'est qu'une tentation et une guerre continuelle !

RÉFLEXION

^^A confiance au Seigneur donne une force inexpugnable. C'est un port où l'on jouit d'un

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calme tranquille, une forteresse où l'on brave tous les coups de l'ennemi , un arsenal fourni d'armes qui rendent supérieur h tous les évcneraens. Par elle , ce qu'il y a de plus faible triomphe de ce qu'il y a de plus terrible , le sexe le plus délicat , l'enfance la plus timide, n'ont nulle peine à surmonter les tyrans et leurs satellites. La confiance en Dieu vainc le monde lui-même; comment ne vaincrait-elle pas les hommes? Elle change la nature des choses, dépouille de leurs fureurs les animaux les plus féroces, éteint les feux dévorans de la fournaise : tels sont les prodiges journaliers qui signalent celle héroïque vertu... David savait bien le dire à ces vains politiques qui lui conseillaient de ne point s'exposer au danger, et de pourvoir à son salut par la fuite : Je mets ma confiance au Seigneur. Comment dites -vous à mon ame : Fuyez? Je suis assuré d'avoir pour protecleur celui à qui toute la terre appartient. Le maître toutpuissant de toutes choses, voilà celui qui me guide, qui est à mes côtés ; et vous me parlez d'une terre inaccessible où la solitude me mettrait à couvert ! Armé comme je le suis, vous m'engagez "a quitter l'arène, a fuir le comi)at un tel conseil n'est bon que pour les lâches dépouillés de leur armure.

SAIJiT JEAN-CnBYSOSTÔME.

Qli IL FAUT METTRE SA CONFIAKCE EN DIEU, LORSQU OIV EST ASSAILLI DE PAROLES INJURIEUSES.

^ ON fils, demeurez ferme, et espérez en moi : car , que sont des paroles, sinon des paroles ? Elles volent en l'air, mais ne brisent Wf, point la pierre.

8i vous êtes coupable , songez que votre désir doit être de vous corriger.

Si la conscience ne vous reproche rien , pensez que vous devez souffrir volontiers quelque chose pour Dieu.

C'est le moins que vous supportiez de temps en temps quelques paroles, vous qui ne pouvez encore soutenir de plus rudes épreuves.

Et pourquoi de si petites choses vont-elles jus(|u'à votre cœur, si ce n'est que vous êtes encore charnel, et trop occupé des jugemens des hommes ?

Car, comme vous craignez d'être méprisé , vous ne voulez pas être repris de vos fautes, et vous cherchez des excuses pour les couvrir

2. Mais examinez- vous mieux , et vous reconnaîtrez que le monde vit encore en vous , ainsi que le vain désir de plaire aux hommes. Car, comme vous redouiez d'être abaissé et

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DK JÉSUS-CHRIST.

confondu pour vos défauts, il est bien certain »|^' fjue vous n'êtes ni vëritablement humble , ni vé- ^^^ ritablemcnt mort au monde, et que le monde '^ n'est pas crucifié pour vous.

Mais écoutez ma parole, et vous vous inquiéterez peu de toutes les paroles des hommes.

Eh ! quand on dirait contre vous tout ce que peut inventer la plus noire mahce , en quoi cela vous nuirait-il, si vous le laissiez passer, et n'en faisiez pas plus de cas que d'une paille? En perdriez-vous un seul cheveu?

5. Celui qui n'est pas intérieur, et qui n'a pas Dieu devant les yeux , s'émeut aisément d'une parole de blâme.

Mais celui qui se confie en moi, et qui ne s'appuie pas sur son propre jugement, ne craindra rien des hommes.

Car c'est moi qui connais et qui juge tous les secrets ; je sais la vérité de toute chose , je discerne quia fait l'injure, et qui la souffre.

Cette parole , elle est sortie de moi ; cet événement , je l'ai permis , afin que les pensées de plusieurs cœurs soient révélées. (Luc, 2, 5o.)

Je jugerai l'innocent et le coupable; mais, par un secret jugement, j'ai voulu auparavant éprouver l'un et l'autre.

4. Le témoignage des hommes trompe souvent ; mon jugement est vrai : il subsistera , et ne sera point renversé.

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fef:?> Le plus souvent il est caché, et peu de personnes le découvrent en chaque chose ; cependant il n'erre jamais, et ne peut errer, quoique aux yeux des insensés il ne paraisse pas toujours juste.

Il faut donc recourir à moi en tout jugement, et ne point s'appuyer sur ses propres sens.

Car le juste ne sera point troublé , quoi qu'il lui arrive par l'ordre de Dieu.

Si les hommes l'accusent injustement, il s'en mettra peu en peine.

Il n'en concevra pas non plus une vaine joie si d'autres l'excusent avec raison.

Car il considère que c'est moi qui sonde les cœurs et les reins (Ps. 7, 10) , et que je ne juge point sur les dehors et les apparences humaines.

Souvent , en effet , ce qui paraît louable au jugement des hommes est criminel âmes yeux.

5. Seigneur Dieu, juge équitable, fort et patient , qui connaissez la fragilité et la malice des lionnnes, soyez ma force et toute ma confiance ; [f^ car ma conscience ne me suffit pas.

Vous connaissez ce que je ne connais point ; ainsi j'ai dû m' abaisser sous tous les reproches, et les supporter avec douceur.

Pardonnez-moi aussi, dans votre bonté, toutes les fois que je n'ai pas agi de la sorte , et accordez-moi de nouveau la grâce d'être plus patient.

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DF, JÉSUS-CHRIST. 50i

Car votre abondante miséricorde me vaut mieux pour obtenir le pardon , que ma prétendue justice pour défendre une conscience qui m'est cachée.

Quoique je ne me reproche rien , je ne suis cependant jmsjusnfié pour cela (I. Cor., 4,4), pfl?-cf 7»e sans votre miséricorde, nul homme vivant ne sera justifié devant vous. (Ps.l42, 2.)

RÉFLEXION

i^^^iEN déplus grand parmiles œuvres de Dieu que les commandemens de sa loi. C'est par-là que les ennemis du Seigneur lui font la guerre , en l'attaquant et dans sa loi , dont ils violent les préceptes, et dans les justes, qu'ils persécutent soit publiquement, soit en secret... Mais le juste , qu'a-t-il fait? s'écrie le Roi-Prophète. Quelles armes avait-d à opposer? Le Seicjneur habitant dans son saint temple, assis sur son trône, qui est dans le ciel. Ce seul mot répond h fout. Ce qu'a fait le juste? Il a mis sa confiance dans le Seigneur qui, du haut du ciel où est le trône de sa gloire, embrasse l'univers tout entier de son immensité. Il n'a point tendu son arc, lui, il n'a point fait marcher de satellites ni dressé des embuscades dans l'ombre, comme ce méchant ; mais h toutes les machinations de son ennemi , il a opposé la seule espérance dans le Seigneur, qui n'a besoin ni de lieu ,

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ni de temps, ni d'armes, ni de trésors, mais à 1^\,

qui sa volonté suffit pour exécuter. ,^*

SAINT JEAN-CDRYSOSTÔHE. ^f'

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