‹ L'imitation de Jésus-ChristChapitre 95 sur 111 · IMI T A T 1 O N · texte numérisé non relu

IMI T A T 1 O N

REFLEXION

'Eucharistie est le sacrement de l'amour. Combien Jésus-Christ nous a-t-il aimés, puisqu'il n'a pas dédaigné de se faire notre nourriture de chaque jour! 11 veut être notre pain quotidien, en sorte qu'il soit l'aliment le plus familier de nos âmes, comme le pain grossier nourrit nos corps. Le pain des corps ne fait qu'en retarder la mort et la corruption : mais Jésus-Christ , pain de nos âmes, les fera vivre éternellement. C'est le pain descendu du ciel pour donner la vie au monde. C'est être ennemi de soi-même , c'est vouloir mourir, que de n'être pas affamé de ce pain. Le Sauveur est là qui vous attend avec ses mains pleines de grâces. C'est l'agneau égorgé pour les péchés du monde, qui veut être mangé dans ce festin céleste. Venez , cnfans do Dieu, vous rassasier de celte chair divine , et vous désaltérer dans ce sang qui efface tous les péchés. 11 ne cache les rayons de sa gloire que pour n'éblouir pas vos faibles yeux , et pour vous accoutumer à une plus grande familiarité. Croyez , espérez , aimez : portez le Bien- Aimé dans vos poitrines, et laissez-le régner à jamais au-dedans de vous.

FÉIVKLOK.

oici que je viens ù vous , Seigneur, pour avoir pan à voire don, et goiUer la joie du banquet sacré, que, dans volve niisévicovde , vous avez préparé pour le pauvre, ô mon Dieu! (Ps. 57, H

En vous se trouve tout ce que je puis, loul ce que je dois désirer ; vous êtes mon salut et ma rédemption, mon espérance et ma foi'ce, mon honneur et ma gloire.

Réjouissez donc aujourd'luii l'anic de voire scrvileur, parce que j'ai élevé mon ame vers vous, Seigneur Jésus ! (Ps. 85, 4. )

Je désire maintenant vous recevoir avec ilévolion et avec respect; je souliaile vous introduire dans ma maison , afin de mériter avec Zaclîée d'être béni par vous, et d'être compté parmi les enfans d'Abraham.

Mon ame aspire à votre corps, et mon cœur brille d'être uni à vous.

2. Donnez-vous à moi , et il mesuKit : car sans vous rien ne me console.

Je ne puis être sans vous , et sansvolre visite je ne saurais vivre.

^-.TL 11 faut donc que je m'approche souvent de vous, et que je vous reçoive comme le remède de mon salut , de peur que je ne tombe de défaillance dans le chemin, sije suis privé de cette céleste nourriture.

Car c'est ainsi, très-miséricordieux Jésus, que, prêchant aux peuples , et les guérissant de diverses langueurs, vous dites un jour : Je ne veux pas les renvoyer à jeun dans leurs maisons, de peur que les forces ne leur manquent dans le chemin. (Matlh., 15, 52.)

Agissez donc de même envers moi, vous qui, S pour la consolation des fidèles , avez voulu de- t^^l meurer dans le sacrement.

Car vous êtes le doux aliment de lame ; et celui qui vous mange dignement aura part à l'héritage de la gloire éternelle.

5. Combien il m'est nécessaire, à moi qui tombe et pèche si souvent, qui suis si tôt engourdi et abattu, de me renouveler, de me purifier, de me ranimer par des prières et des confessions fréquentes , par la réception de votre corps sacré; de peur que, m'en abstenant trop long-temps, je n'échappe à mes saintes résolutions.

Car les sens de l'homme sont enclins au mal dès sa jeunesse ; et s'il n'est soutenu par ce remède divin, il tombe bientôt dans de plus grands excès.

Ainsi la sainte commraiion retire du mal, et fortifie dans le bien.

Si donc je suis maintenant si souvent négli- (jent et tiède (juand je communie ou que je célèbre le saint Sacrifice, que serait-ce si je ne prenais un tel remède , et si je me privais de ce secours puissant !

Et quoique je ne sois pas tous les jours bien disposé pour célébrer les divins mystères , j'aurai soin cependant d'en approcher au temps convenable, et de participer à une grâce si grande.

Car c'est la principale et l'unique consolation de l'ame fidèle, tant qu'elle voyage loin de vous dans un corps mortel, de se souvenir souvent de son Dieu , et de recevoir son Bien-Aimé avec une dévotion sincère.

4. 0 merveilleuse affection de votre piété envers nous , que vous , Seigneur Dieu , qui donnez l'être et la vie à tous les esprits , daigniez venir vers cette pauvre ame; et avec votre divinité et votre humanité tout entière, rassasier sa foim !

0 heureuse et bienheureuse l'ame qui mérite de vous recevoir avec piété , vous son Seigneur et son Dieu , et , en vous recevant , d'être remplie d'une joie spirituelle!

Oh! (]u"il est grand le Seigneur qu'elle reçoit ! qu'il est aimable l'hôte qu'elle possède ! qu'il

est doux le compagnon qu'elle s'associe! qu'il est fidèle l'ami qu'elle accepte! qu'il est beau, qu'il est noble l'époux qu'elle embrasse ; qu'il est digne d'êîreaimë par-dessus tout ce qu'on peut aimer et tout ce qu'il y a de désirable !

Que le ciel , la terre et leur magnificence se taisent devant vous, ô mon Bien-Aimé! car tout ce qu'ils ont de beau et d'admirable vient de votre libérale bonté ; et jamais i!s n'atteindront à la beauté de votre nom dont la sagesse n'a point de bornes. (Ps. 146, o. )

REFLEXION

^L serait inutile de s'abstenir de la communion, de peur de communier indignement. En communiant indignement, on cliangc le pain de vie en poison , et on s'empoisonne soi-même ; mais en ne communiant pas, on se prive de la nourriture, et on se laisse mourir de défaillance dans cette privation. Il faut donc communier, et com- [jV^ munier dignement : il faut tout sacrifier, pour se p^ mettre en état de manger avec fruit ce pain quo- ^/^/^¥kMJ' r\2s^^'^ tidien ; il faut renoncer, non-seulement aux péchés (H^M>/^\ i^A^l mortels, aux vices grossiers et qui font Iiorreur , mais encore aux occasions dangereuses d'y tomber ; il faut même renoncer a l'affection volontaire l^ pour les péchés véniels, qui retranchent peu à peu

DE JÉSUS-CHRIST. oS5

les véritables alimens de l'amour de Dieu au fond du cœur. Comment peut-on nourrir en soi l'amour de Dieu au-dessus de tout, quand on veut demeurer attaché, de propos délibéré, aux choses qui lui déplaisent, qui conlristent son Saint-Esprit, et qui nous mettent en tentation continuelle d'aimer ce que Dieu veut que nous n'aimions pas? Quand vous aurez fait ce sacrifice sincère a Dieu, vous mangerez en ange le pain des anges; vous vivrez pour lui; vous aurez la consolation de le recevoir fréquemment. La véritable manière de communier est de le faire avec une telle pureté de cœur, qu'on puisse le faire tous les jours , selon l'usage des premiers chrétiens.

FÉNELOK.

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