‹ L'immaculée conception de la vierge Marie: poème de Robert GaguinChapitre 42 sur 64 · INTRODUCTION LV · texte numérisé non relu

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qu'il en est des études humaines comme des marchés, où chacun va acheter ce qui lui plaît, suivant ses facultés, » il se décida à les publier, en y joignant quelques Discours dont on l'avait félicité.

Les Harangues de Robert Gaguin passaient au XV* siècle pour des morceaux oratoires de premier ordre. Deux d'entre elles, la l'« et la IV* : Aux Docteurs en Théologie, pour la restauration de Véglise des Mathurins ; Au Chancelier de France Guillaume de Rochefort, lors de sa première entrée à PariSy au nom de r Université et des Écoles, ont été reproduites in extenso par Du Boulay, dans sa grande Histoire de l'Université (tome V, p. 695 et 758). Il prononça les unes comme Religieux, aux chapitres généraux des Mathurins, les autres comme diplomate (^Harangue aux Florentins, 1477) ou comme doyen de la Faculté de Décret : A l'Êvéque de Marseille^ pour lui souhaiter la bienvenue; Au Roi de Portugal; Au Cardinal Charles de Bourbon. Crevier {Hist, de r Université, tome IV, p. 895), fait la remarque suivante, à propos du discours adressé à Charles de Gaucourt, évéque de Marseille : « Cette harangue n'est plus dans le style ancien; elle ne commence plus par un texte expliqué ensuite et commenté d'une manière scolastique ; elle se rapporte au plan des compliments qui se font aujourd'hui en pareille occasion. » La même chose peut se dire de toutes les autres harangues de Robert Gaguin, et peut-être lui doiton cette réforme, qui ne fut cependant pas immédiatement adoptée par tous, puisque Rabelais s'est si bien moqué de l'ancienne méthode, encore en

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vigueur de son temps, dans le drolatique discours qu'il prête à M« Janotus de Bragmardo.

Les Epistola ont pour nous un plus grand intérêt, biographique et historique. Niceron dit qu'on peut y suivre la carte des voyages de Robert Gaguin : assez malaisément, car il est rare que la date de Tannée s'y trouve, et elles ne sont pas rangées dans leur ordre chronologique. Toutefois, comme Gaguin y mentionne toujours, outre le mois, le lieu d'où il écrit : Verberie, Étampes, Corbeil, Cerfroid (ex Cervo frigido)y Bologne, Heidelberg, la forêt de Nieppe (ex sylva Nepa\ Amboise, comme il date aussi du Couvent des Mathurins, à Paris, de sa cellule, de sa bibliothèque, ou même de son lit^ on peut se rendre compte de son activité, de ses fréquents déplacements, et aussi des maladies auxquelles il était continuellement en proie. Ceux à qui il écrit sont tous gens de man]ue, quelques-uns célèbres : Marcile Ficin, Guillaume Fichet, Érasme, G. de Rochefort et Pierre d'Oriolle, chanceliers de France, Fausto Andrelini, le poète lauréat, qu'il avait lui-même fait venir en France (i), richement pensionner et pourvoir de la chaire d'éloquence, à Paris ; Josse Bade, contre lequel il se fâche quelquefois, et à qui il fait honte de son incurie, de sa négligence, pour quelques malheureuses coquilles; des théologiens oubliés aujourd'hui, renommés alors : Carolus Ferrandus, Arnoldus Bostius, Johan-

(i) Du Boulay, Hist. Universitaiis, tome V, Catdogus,

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