VI AVERTISSEMENT
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coipVtj:^! d*un quart de siècle (1854-1879), et qui, ayant sa place au -Vatican , est bien connu de Votre Sainteté.
Je ne voudrais rien entreprendre de nouveau sans être bien assuré que notre très saint père le pape Léon XIII , mis au courant de mon projet, daigne Tagréer, le bénir, en accepter le filial hommage, pas plus que je n'avais entrepris les traductions en toute langue de la bulle Ineffabilis sans Tagrément , les bénédictions et les encouragements de Pie IX.
Grande a été ma joie en apprenant d'abord par lettre , puis de la bouche même de Son Éminence le cardinal Lavigerie, que Votre Sainteté approuve tout à fait mon dessein dont voici , par écrit, un rapide aperçu.
La définition dogmatique du 8 décembre 1854, qui semble avoir été, dans le plan de la Providence, comme le prélude d'une autre définition non moins célèbre faite en 1870 par le concile général du Vatican sur l'autorité souveraine et infaillible du chef de l'Église , est certainement un des faits les plus mémorables de ce siècle et des plus féconds en heureux résultats. Aussi le Ciel lui-même a-t-il paru vouloir lui donner comme une sorte de consécration des plus extraordinaires, par les apparitions de l'immaculée Vierge Marie dans cette grotte de Lourdes, vers laquelle depuis plus de trente années un attrait irrésistible, et toujours croissant, ne cesse d'attirer les âmes.
N'y aurait-il pas utilité réelle, après avoir présenté en un seul tout accessible au grand nombre tant de si grands travaux qui ont préparé peu à peu dans la succession des siècles ou accompagné cette définition solennelle , à grouper aussi dans le même ouvrage, comme en un tableau, tant de choses consolantes accomplies depuis lors un peu partout , mais qui sont restées , par leur dispersion même, plus ou moins inaperçues?
Telle est la pensée qui me poursuit depuis longtemps , et c'est pour la rendre efficace que je viens demander à Votre Sainteté le tout-puissant secours de sa parole, qui me permettra d'agir en toute confiance. Sur un mot de vos lèvres, très saint père, sur un signal et avec la bénédiction de votre main , je me mettrais à l'œuvre , malgré que je sois peu maître de mon temps , consacré avant tout par devoir à la jeunesse cléricale du séminaire de Saint-Sulpice, et aussi à la jeunesse du monde, dans la direction des nombreux catéchismes de notre grande paroisse.
Je mets tout d'avance sous la protection de saint Joachim et
AVERTISSEBIENT VII
de sainte Anne, qu*on ne saurait oublier quand on veut faire connaître de plus en plus les gloires de leur incomparable fille, la Vierge immaculée.
Daignez, très saint père, agréer l'expression de ces sentiments de profonde vénération et de soumission religieuse , Dans lesquels j'ai le bonheur de pouvoir me dire , de Votre Sainteté, Tun des plus humbles, mais non le moins dévoué de vos fils,
Marie -Dominique SIRE, Prêtre de la compagnie de Saint -Sulpice.
Paris, 25 mars 1887.
Le 30 avril 1887, Sa Sainteté le pape Léon XIII répondait à cette chrétienne et filiale requête par le bref qu'on va lire :
Léon XIII, pape.
Cher fils, salut et bénédiction apostolique.
Par vos lettres et par nos entretiens avec notre fils bien -aimé Charles Lavige^ie^ cardinal, prêtre de la sainte Eglise romaine, nous avons appris le pieux dessein formé par vous de ne rien épargner pour rapprocher dans un bel ensemble, et comme réunir en un seul tout, les divers monuments élevés par la piété catholique en l'honneur de la toute sainte mère de Dieu, avant et depuis le jour où un décret solennel sanctionna et consacra la gloire de son immaculée conception.
' Voir aux pièces justificatives, page 621.
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Sans doute, cher fils, vous avez donné une très éclatante preuve de votre zèle et de votre habileté, dans ce monument insigne qui est conservé dans une salle du Vatican, et où Ton voit, non seulement traduite en toutes les langues, mais aussi ornementée de la façon la plus splendide , la bulle dogmatique Ineffabilis Deus.
Il est manifeste néanmoins que sur ce premier ouvrage va rejaillir un nouveau * lustre , par cette réunion et cette mise en pleine lumière de tant d*hommages de toute sorte, religieusement offerts par rÉglise, avec une ardeur incessante, à Timmaculée mère de Dieu.
Aussi, très volontiers, nous recommandons votre pieux dessein et nous applaudissons à tous vos efforts pour le réaliser, ayant tout sujet de croire que vous trouverez, soit auprès des pasteurs, soit auprès des fidèles de l'univers catholique, gracieux accueil et concours empressé, pour le meilleur résultat de vos soins, comme pour la gloire de la religion .
Nous avons de plus la confiance qu'une telle œuvre contribuera beaucoup à faire mériter, par toutes les âmes, le secours de la divine mère ,* réclamé au plus haut point par ces temps calamiteux du monde chrétien.
En attendant, bien cher fils, le succès d'une entreprise dont les premiers essais nous font présager l'heureux terme , nous vous donnons l'assurance de notre paternelle affection, et nous envoyons de bon cœur à vous d'abord, puis à tous ceux qui voudront vous venir en aide, la bénédiction apostolique.
AVERTISSEliBNT ^ IX
Donné à Rome, à Saint -Pierre , le 30 avril 1887, en la dixième année de notre pontificat.
Léon XIII, pape.
A notre cher fils, Marie -Dominique Sire, prêtre de la société de Saint-Sulpice , Paris ^ .
C'est k la suite de ce bref, si formel et si encourageant, que le prêtre éminent, destinataire du bref, sollicita l'auteur du présent livre de lui < venir en aide > pour accomplir l'œuvre recommandée par le saint-père.
Il ne s'agissait de rien moins que de <i réunir en un seul tout > la série des < monuments élevés > et des ( hommages de toute sorte religieusement offerts par la piété catholique en Thonneur de la toute sainte mère de Dieu, avant et depuis le jour où un décret solennel sanctionna et consacra la gloire de son immaculée conception » ; autrement dit de relever tout ce qui avait été fait ou écrit, par nos pères ou par nous-mêmes, au sujet du dogme de Flmmaculée Conception et d'en donner Thistorique complet.
La proposition, qui se changea bientôt en vives instances , avait de quoi effrayer les plus hardis.
Notre premier mouvement fut d'objecter notre impuissance et de reculer devant une tâche qui nous semblait en dehors, comme au-dessus de nos études et des perspectives habituelles d'un écrivain laïque.
* Voir aux pièces justificatives le texte latin du bref, p. 621 .