‹ L'immigration canadienneChapitre 33 sur 77 · LA CATHOLIC IMMIGRATION ASSOCIATION OF CANADA · texte numérisé non relu

LA CATHOLIC IMMIGRATION ASSOCIATION OF CANADA

Au congrès des missionnaires catholiques tenu à Bostoin, en octobre 1913, un évêque. Monseigneur Muldoon, rappelait que l'Eglise catholique romaine a à exercer son ministère chez la moitié des immigrés et qu'elle doit confier le soin de les diriger spirituellement à des prêtres de leur race et de leur langue, sans quoi la majorité quitteront l'Eglise catholi-

que pour des sectes réformées ou pour l'indifférence religieuse. Monseigneur Muldoon conseillait l'établissement d'un bureau catholique qui centraliserait de« renseignements sur l'immigration originaire de pays catholiques, et qui distribuerait de la littérature ca hotique dans les milieux d'immigrants d'oulre-mer.

Les autorités de l'Eglise catholique, au Canada, ont déjà reconnu la nécessité d'établir, à Québec même, une succursale de l'association d'immigration catholique du Canada. Un ancien officier de l'armée anglaise, d'origine canadienne-française, qui a appris, pendant an long séjour en Europe, plusieurs langues, et est aujourd'hui prêtre catholique, l'abbé P. H. D. Casgrain, représente cette association, à l'hôtel de l'immigration, à Québec, et rend de nombreux services aux catholiques qui débarquent au Canada. A tous, il donne l'adresse d'un prêtre ou d'un représeintant de l'association, dans la région où ils vont, écrit une lettre de recommandation à ce représentant, lui donnant le nom de l'immigrant; cette lettre porte au verso les adresses de quelques-uns de ces représentants, surtout dans les provinces de l'Ouest. Aux Polonais, nombreux parmi les immigrants, l'abbé Casgrain distribue une carte en leur langue, qu'ils doivent montrer au prêtre de l'endroit où ils vont, afin de se présenter à lui comme eatholiques, et d'obtenir de lui les renseignements dont ils ont besoin. A tous ceux qui lisent le russe, le représentant de li Catholic Immigration Association of Canada offre de petits formulaires de prières simples. Il est touchant de voir ces gens lever leur chapeau, devant le prêtre de leur religion, drapé dans sa soutane, baiser sa main, échanger avec lui des salutations religieuses empreintes d'une foi profonde, et de regarder des femmes, polonaises, lithuaniennes, hongroises ou galiciennes, les larmes aux yeux, à la vue d'un prêtre de leur foi, s'attarder à causer respectueusement avec lui, tandis que, sur les bancs de bois brut avoisinant, des fillettes, l'air intelligent, et qui savent lire, déchiffrent, en les suivant du doigt, les caractères russes qu'elles ont appris dans les écoles de là-bas.

L'Association canadienne d'immigration catholique est en correspondance suivie avec les chefs nationaux et religieux de ces immigrants, outremer. Elle leur fait valoir qu'elle ne songe pas du tout à faire de la propagande d'immigration parmi leurs gens, mais qu'elle a à coeur de leur assurer, s'ils viennent ici, le moyen de pratiquer leur religion et de res+er attachés à l'Eglise de Rome, en dépit des menées de certains évangélisateurs d'autres religions qui travaillent dans ces milieux. Elle veut, grâce à ces relations, leur procurer des prêtres de leur langue et de leur nationalité, et les grouper dans les régions du Canada où il y a déjà des colonies catholiques de l':ur langue. L'Association a aussi établi, dans ce but, une carte géographique des groupemeints catholiques à travers l'Ouest, car^e dont le tirage est épuisé maintenant, mais dont certains fonctionnaires du Pacifique, du Canadien Nord et du Grand Tronc Pacifique, chargés de la distribution des immigrants dans les provinces de l'Ouest, foint de grands éloges.

Cette association, fondée en 1912. rend des services notoires à la cause catholique, au Canada, surtout parmi les peuple d'orisine slave, dont elle s'attache à conserver les relations suivies avec l'Eglise de Rome. Mais elle n'est qu'à l'aube de son travail; et si les semeurs sont rares, le champ s'étend immense devant elle.

Le voyage à destination

Tandis que l'immigrant subissait les examens médical et civil, des convois de chemins de fer se formaient au long de l'hôtel de l'immigration, sur les quais de la Jetée Louise. Les examens finis, l'immigrant une fois renseigné par le«s sociétés religieuses et les institutions de bionfaisance représentées à Québec, et approvisionné pour le long traje' en chemin de fer qui le mènera, à traver,s un pays étranger, à destination finale, c'est l'enregistrement précipité des bagages entassés aux abords des voitures; les douaniers canadiens les oint à peine regardés, car il n'y a guère d'articles de valeur, dans ces pauvres malles bossuées et usagées, qui ont des années d'existence, et qui renferment dans leurs flancs un peu de linge et de menus «souvenirs du pays abandonné, de l'autre côté des mers. Puis c'est la ruée vers les longues voitures où l'on s'empile pour deux, trois ou quatre jours de route.

Page 1