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UNE ENQUETE SUR L'IMMIGRATION AUX ETATS-UNIS

Les Etats-Unis, comme le Canada, ont eu leur période d'immigratioin. Et cent problèmes, tous reliés à cette grave question, ont surgi, auxquels les sociologues, les hommes d'Etal et les citoyens intelligents et soucieux de l'avenir de la nation n'ont pu donner de solution immédiate, tellement la situation était compliquée et emmêlée. Aussi, le 20 février 1907, le congrès américain a-t-il décidé de mener une enquête à fon l sur l'immigration, les immigrants et les conséquences qui résultaient pour les Etats-Unis de cet afflux de nouveaux citoyens dans la république. La clause 39 de la loi de l'immigration américaine adoptée cette année-là créa donc une commission composée de neuf membres, dont trois sénateurs tchoisis par le président du Sénat trois députés de la Chambre, et trois autres personnes, nommées par le président des EtaU- Unis. Cette commission reçut pleins pouvoirs de faire une enquête complète sur la situation, de déléguer à un sous-comité ses attributions e i la matière, d'étudier la question sur tous les points du monde, de faire les voyages nécessaires à cette fin, avec instruction de rédiger le rapport le plus détaillé possible. L'Etat autorisait le remboursemeat des frais de déplacement de tous les commissaires, à même les fonds de l'immigration, et permettait en plus le paiement d'une indemnité raisonnable aux trois personnes choisies par le président de la république.

Cette commission extraordinaire déposa son rapport devant le Congrès, en 1910. Les commissaires avaient visité la Grande-Bretagne, ainr.i que la plupart des pays de l'Europe continentale qui sont, pour rAméricjue, des réservoirs d'immigration, entendu plusieurs centaines de témoins, dont un grand nombre d'experts, sur certains aspects de la question de migration, étudié sur les lieux mêmes les conditions dans lesquelles vivaient les races migratrices, les circonstances qui provoquaient l'émigration, les conséquences qu'elle avait sur les régions d'où elle vient ; puis leur enquête avait aussi porté sur la situation faite aux immigrants par les

campagnies de transport, la manière dont se fait le triage de l'immigrant, au point d'arrivée américain, tant au point de vue civil que médical, et sur les conditions de vie et d'assimilation de l'immigré, aux Etat^- Unis. Aussi le rapport de la commi,s«sion est-il un arsenal de faits, de documents, de statistiques et de renseignements sur la qii3Sticn de Timmigration. Il se base sur cette recommendation première que " le bienêtre social et économique des Etats-Uuis devrait être d'habitude le factf'iir déterminant de la politique d'immigration du gouvernement amér cain", et sur ce principe que, "bien que le peuple américain, comme par le passé, accueille avec bienveillance les opprimés des autres nations, il faut qu'il prenne des mesures pour que l'immigration soit telle, tant au point de vue qualitatif que quantitatif, qu'elle ne rende pas trop difficile le procédé de l'assimilation."

*'L* immigration nouvelle", (celle de l'est et du sud de l'Europe), disaient le,s commissaires, "est pour la plus grande partie une migration d'individus dont une proportion considérable n'a aucune intention de changer permanemment de résidence, et dont le seul but est de venir ici pour un temps, afin d'y bénéficier des hauts salaires payés à l'ouvrier." Et, de manière gémérale, la commission recommendait. dans la conclusion de son rapport, certains amendements à la loi américaine, dont plusieurs sont aujourd'hui en vigueur. L'une des parties les plus inU'ressantes de cette conclusion est celle qui a trait à l'immigration de manoeuvres et de journaliers. A ce sujet, les commissaires écrivaient qu'il y avait une surabondance de journaliers, pour les besoins des industries américaines, et qu'il était nécessaire d'adopter une législation de nature à restreindre par la suite l'admission des manoeuvres {"unskilted labor'^ . Ils conseillaient d'interdire autant que possible l'entrée des Etats- Unis aux immigrants "qui viennent dans ce pays sans aucune intention de devenir sujets américains, ou de résider ici de manière permanent ' mais dans le seul but d'y économiser, en vivant, s'il le faut, dans des conditions économiques misérables, assez d*argent pour retourner ensuite vivre pour toujours dans leur pays d'origine. De tels immigrants viennent d'habitude sans leur famille." Et, pour en arriver à l'exclusion de cette classe, ou à sa diminution, les commissaires énuméraient différents moyens, dont "la limitation du nombre d'immigrants de chaque race arrivant chaque année, à tant pour cent du nombre moyen d'immigrants de cette nationalité venus pendant une période déterminée d'années", le refus d'admettre les journaliers qui ne sont pas accompagnés de leur femme ou de leur famille, la limitation du nombre d'immigrants reçus 'chaque année à chaque port de mer, la majoration du droit d'entrée, ainsi qu*"une méthode de prélèvement de ces droits plus favorable aux pères de famille accompagnés des leurs qu'à l'immigrant isolé." Le congrès accepta certaines de ces suggestions. Et l'Etat, de manière générale, a bénéficié des travaux de cette commission.

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