L'ABOLITION DE L'INFLUENCE POLITIQUE
Nous avons raconté certains faits et certains incidents qui témoignent de la trop grande place que la politique tient dans le régime actuel de l'immigration, où elle entrave la bonne volonté des fonctionnaires compétents, au détriment du bien public. Il y aurait encore beaucoup à dire, à ce sujet, mais cette enquête n'est pas un réquisitoire.
Elle démontre toutefois l'absolue nécessité qu'il y a, dès maintenant, de faire cesser l'intrusion de la politique et des politiciens, dans un régime où ils ne devraient avoir rien à faire. Aussi, pour en arriver là, faudrait-il faire reconnaître, par le pouvoir fédéral chargé de faire les nominations de fonctionnaires dans les services de l'immigration, ce principe, que "nulle personne ne devra désormais faire partie du personnel de l'immigration sans avoir au préalable subi des examens de compétence et d'aptitude, comme on en exige de ceux qui font partie du service civil intérieur." Que la commission du service civil intérieur soit chargée de faire subir ces examens, de recruter le personnel, et qu'elle soit seule chargée de l'admission des aspirants à ces postes. A l'heure présente, l'influence politique sert plus le candidat désireux de devenir inspecteur de l'état civil de l'immigrant que ne le font toute sa bonne volonté, son instruction et son honnêteté personnelle. Tous le reconnaissent, dans le service de l'immigration. La commission du
service civil pourrait donc faire beaucoup pour amener l'épuration du régime. Il n'y a nul doute que les politiciens feront tout en leur pouvoir pour empêcher une telle réforme, mais l'intérêt public l'exige. Les fonctionnaires eux-mêmes en bénéficieraient, car ils pourront ensuite avoir de l'avancement, s'ils le méritent, et obtenir un traitement raisonnable sans l'intervention, favorable ou défavorable, des chefs politiques et de,s cabaleurs de leur district.