‹ L'immunité dans la syphilisChapitre 14 sur 42 · Deux inoculations au bras gauche · texte numérisé non relu

Deux inoculations au bras gauche

‘Cinq tubercules rouges qui prirent ensuite les caractères classiques des .chancres indurés se développèrent aux points inoculés le 29 juillet (19 jours ‘après l'inoculation) à la cuisse droite, le 5 août (24 jours après l'inoculation au bras gauche).

En septembre, syphilis constitutionnelle.

Donc deux séries d’inoculations à deux jours de distance, résultats tous positifs ; 1'° série, LOS ESR de 19 jours ; 2° série, incubation de 24 jours.

Obs. V.— Pucae (Os. de Cuiierter, service de Puche, hôpital du Midi, in Rozcer, Tr. des maladies vénériennes, p. 495). — Malade inoculé à l'abdomen avec du suc de chancre syphilitique, le 29 janvier 1862, et le 19 février.

Le même jour, le 8 mars, c’est-à-dire 39 jours après la première et 17 jours après la seconde, on aperçoit sur les deux points inoculés deux papules qui prennent l'aspect de chancres indurés, « celui de la seconde inoculation beaucoup plus large et plus étendu que celui de la première ».

Le 10 avril. — Roséole.

‘En résumé, deux inoculations voisines à 21 jours Le distance : deux chancres indurés apparaissant le même jour, l'un après 39 jours, l'autre après 17 jours d'incubation, et, particularité intéressante à noter, le second chancre est plus étendu que le premier.

Ce résultat est donc opposé au résultat de Lindwurm au point de vue de l’incubation des chancres.

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Obs. VI. — Gien, Trailé des maladies de la peau, t. I, p. ‘483. — 1"° inoculation le ce février 1859 avec du virus de chancre.

28 inoculation, 5 jours après.

3e inoculation, 7 jours après.

Deux Éores syphilitiques apparurent,la troisième nn fut négative. Malheureusement l'auteur ne donne pas de détails sur la date de leur apparition.

Obs.VII.— WaALLace, Annales de Cizexane, vol. IV, p. 36. — Deux inoculations faites à 9 jours de distance, toutes deux positives, l'incubation de la deuxième lésion semblant de même durée que la première.

Nous résumons ces inoculations successives chez l’homme dans un tableau d'ensemble.

L'expérimentation sur l’homme démontre donc que pendant la période d’incubation du chancre, l'organisme ne présente aucun degré sensible d'immunisation.

L'incubation du second chancre est quelquefois moindre que celle du premier, comme dans le cas de Puche dans lequel les deux chancres, étaient apparus en même temps, quoique prove-

nant d’inoculations faites à 22 jours de distance. C’est ce que

Bryce avait observé dans les inoculations vaccinales. Il avait

noté que des piqüres faites à des époques différentes détermi-

naient souvent des boutons vaccinaux apparaissant le même jour. Il est*vrai que l’incubation du deuxième chancre peut être aussi plus longue comme dans l'observation de Lindwurm.

De même les derniers chancres sont quelquefois moins nettement marqués, mais il peut se faire aussi que les derniers parus soient plus étendus que leurs aînés, comme dans le cas de Puche. RATE

Si pendant cette période d'incubation du chancre, il s’est produit un changement dans la réceptivité et dans les façons de réagir de l'organisme, il est inappréciable, et on peut dire que malgré la pénétration précoce du tréponème dans le sang et les tissus, ainsi que l'a montré Neisser, l'organisme réagit à une nouvelle injection absolument comme un terrain vierge.

INOCULATIONS SUCCESSIVES CHEZ LES SINGES Re

$ 8. — Inoculations successives chez les singes.

Dans certains cas de MM. Metchnikoff et Roux, les inocula.tions successives n’ont pas fourni plusieurs chancres, certains expérimentateurs, comme MM. Thibierge et Ravaut n'ont pas observé de chancres successifs chez leurs catarrhiniens. On aurait donc pu penser à une immunité acquise dès la première infection. Il n'en est rien. 1 existe des observations intéressantes démontrant l'existence des chancres successifs. Une des premières, et d’ailleurs une des plus précises, est due à M.Metchnikoff et a été publiée par M. Queyrat à la Société médicale des hôpitaux en 1904 et 1905.

+ Fic. 1. — Orang-outang porteur de 5 chancres syphilitiques successifs : (Reproduction d'une aquarelle de M. Remy).

Obs. VIII. — Cinq chancres syphilitiques successifs par inoculalions suc cessives chez un orang-outang. — « Un orang-outang femelle a été inoculé le 26,octobre 1904 à l'arcade sourcilière et à la paupière gauches avec de l'exsudat de l'accident primaire d'un macacus sinicus. Le 5 novembre 1904, c'està-dire 10 jours après la première inoculation, inoculation à l’arcade sour-

cilière et à la paupière supérieure droites, du virus de chancre syphilitique d'homme, 26 jours après la première inoculation (21 novembre), commencement de l'accident primaire du côté gauche, vingt jours après la seconde inoculation, apparition de l'accident primaire du côté droit. » ,

‘En résumé. apparition de cinq chancres syphilitiques succes sifs, le premier plus étendu que les autres. L'incubation des seconds chancres a été plus courte (20 jours au lieu de 26) et ils ont été moins grands.

Cette expérience était très importante parce qu ‘elle prouvait que l’immunisation de L organisme contre le virus sy philitique ne s'établit pas aussi rapidement qu'on pouvait le croire tout d'abord, et comme l'avaient cru après leurs toutes premières recherches MM. Metchnikoff et Roux, qui däns leur premier mémoire sur la syphilis expérimentale (Annales de l'Institut Pasleur, ‘1903, p. 818), concluaient à une immunité rapidement acquise après une première inoculation de syphilis. Elle leur semblait établie dès le 5° jour. -

M. Salmon écrivait aussi (La syphilis, 1904 ,p. 255 ; La syphilis el la bactériologie) : « Après l’inoculation de la vérole, la réinoculation est impossible: aussi bien avañt qu après l'apparition du chancre. »

Nous voyons qu'il faut abandonner cette opinion, l’expérimentation sur les singes venant confirmer les cinq expérimentations humaines, car en dehors des recherches de MM.Metchnikoffet Roux, nous possédons toute une série d'expériences sur les singes faites par Finger et Landsteiner à Vienne, et par Neisser à Breslau et à Batavia. ,* ;

Si dans certains cas il ne fut pas possible d'obtenir des résultats positifs après une seconde inoculation chez des singes inoculésquelquesjoursavant,dansd’autres,des expérimentateurs comme Finger et Landsteiner obtinrent des chancres successifs par leurs procédés des pochettes sous-dermiques, et des scarifications profondes avec de notables quantités de virus.

Ces auteurs étudièrent la réceptivité du macacus rhesus à une

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