‹ L'immunité dans la syphilisChapitre 41 sur 42 · ESSAIS DE VACCINATION RT DE SÉROTHÉRAPIE · texte numérisé non relu

ESSAIS DE VACCINATION RT DE SÉROTHÉRAPIE

gressive de la période d'incubation qui de 19 jours est tombée à 7 jours, puis des effets très atténués sur les singes. Sur des macaques, on n'obtenait que des lésions minimes ; chez les chimpanzés le virus se montrait inactif après onze passages. Ce fait est particulièrement intéressant, puisque le chimpanzé est un des singes les plus sensibles à la syphilis.

MM. Metchnikoff et Roux ont pratiqué également une expérience sur l'homme. Ils inoculèrent une personne de 59 ans avec du virus de provenance humaine mais ayant fait de multiples passages sur le chimpanzé, le eynocéphale etle macacus sinicus.

En même temps ils firent deux inoculations témoins avec le même virus à un chimpanzé et à un macacus sinicus.Le résultat fut le suivant : chez le chimpanzé, au bout de 23 jours, chancre typique avec adénopathie ; chez le macaque, au bout de 31 jours, pelit accident primaire ; chez la personne inoculée on ne constata que « des lésions tout à fait insignifiantes »,papules rose-brunâtre, ne s'étant jamais ulcérées. Pendant un an on ne constata pas la moindre adénopathie ni aucune autre lésion attribuable à la svphilis.

Ces faits tendent à démontrer qu'il n’est pas impossible de trouver un virus atténué capable de conférer une immunité active chez l’homme.

En même temps que se passaient ces expériences, un préparateur de l’Institut Pasteur qui manipulait les singes syphilitiques présente une écorchure à la lèvre. Quelques gouttes de sérosité obtenues par raclage ont donné un chancre au singe inférieur. Gette lésion de la lèvre ne fut suivie d’aucun accident:

S'agissait-il là d’une vaccination ? On essaya aussi des tenlatives de traitement étiologique, par des méthodes analogues à celles usitées pour la rage. Cela rappelait les recherches d'Auzias-Turenne et de Sperino,

Kraus prépara un vaccin oblenu en triturant des chancres syphilitiques dans de l’eau salée physiologique et stérilisé par de l'acide phénique à r pour 200. I l’injecta à des malades porteurs de chancres syphilitiques au début, à doses croissantes

pendant vingt jours. Dans certains cas l'évolution ne fut modi-

liée en rien. Dans d’autres cas les accidents secondaires furent relardés ou même manquèrent.

Malheureusement ces résultats furent infirmés par des recherches ultérieures pratiquées dans les cliniques de Finger et de Riebl.

De même les essais sérothérapiques n'ont pas donné de résultats plus fructueux.

Déjà Diday avec ses inoculations de sang de syphilitiques tertiaires, puis Gilbert et Fournier, Maragliano s'étaient engagés dans cette voie.

Les recherches plus modernes de MM. Metchnikoff et Roux sur les singes ont démontré que le sérum de singes ayant reçu des injections de sang syphilitique humain est dépourvu de pouvoir curatif. Ê

En outre, ils ont mélangé dans un tube à essai du virus humain et du sérum de cynocéphale traité depuis huit mois par des injections répétées de sang syphilitique. Des inoculations à un cynocéphale furent négatives, un singe témoin inoculé avec un mélange du même virus et de son propre sérum eut un chancre au bout de 27 jours.

Le sérum d'un mouton à qui M. Levadili avait injecté à plusieurs reprises des émulsions d'organes riches en tréponèmes élait également doué de pouvoir préventif (1) (mélange in vitro, inoculation aux singes).

Le sérum d'animaux ayant reçu, sous la peau, soit du sang syphilitique, soit des émulsions d'organes riches en tréponèmes, possède des propriétés préventives incontestables.

Peut-être, partant de ces faits, arrivera-t-on à obtenir enfin le sérum curateur ! ‘

(1) Levaprri et Rocué, La syphilis, p. 113 (en note).

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I. — L'immunité naturelle de certains individus vis-à-vis de la syphilis est possible mais non démontrée.

IT. — Pendant l’évolution de la syphilis, l'immunité est loin d’être toujours absolue. |

IIT. — Il est possible de produire un accident syphilitique, en inoculant du virus actif pendant l’incubation du premier chancre.

IV. — Le chancre syphilitique est auto-inoculable d'une façon presque constante pendant les dix premiers jours.

V. — Après ce laps de temps et jusqu’à l’apparition de la roséole, le chancre peut être réinoculé à la condition de prendre une plus grande quantité de virus et de l’introduire en pochette sous-épidermique.

VI. — Les accidents de réinoculation sont bien des lésions spécifiques, leur incubation (dix à douze jours), leur aspect, leur structure histologique, la présence du tréponème le démontrent.

VII. — L'aspect des accidents de réinoculation à la période primaire, se rapproche soit du chancre syphilitique à la période de début, soit des papules secondaires.

VIII. Les accidents de réinoculation sont bien dus à l’introduction du tréponème, ils ne peuvent être produits par des traumatismes seuls ; ils durent pendant plusieurs mois.

IX. — Les accidents de réinoculation peuvent être aussi bien produits dans des territoires éloignés ou voisins du premier chancre, leur évolution est semblable. L'immunité s'établit

lentement mais ne progresse pas de région en région. Pinard 11

ms

X.— Les inoculations avec le virus du malade où avec du virus étranger donnent des résultats comparables.

XI. — Pendant la période secondaire, les accidents de réinoculation sont très difficiles à obtenir et en tout cas insignifiants, ressemblant à de minimes maculo-papules.

XIT. — Il est possible de déterminer expérimentalément des lésions de réinfection ou plutôt de superinfection chez les tertiaires : les accidents obtenus sont importants, présentent un aspect typique de lésion tertiaire. Ils apparaissent après une incubation de 15 à 20 jours. Lorsqu'ils sont ulcérés, il est impossible de mettre en évidence le tréponème comme pour les lésions tertiaires spontanées.

XIII. — Des accidents de superinfection peuvent s’observer en clinique de même que l’expérimentation peut les reproduire. Ils peuvent être dus à des auto ou des hétéro-inoculations.

Pendant l'incubation du chancre, de nouvelles contaminations peuvent produire des chancres successifs, de moins en moins développés.

Pendant l'existence du chancre, surviennent quelquefois des chancres par contact, par impression.

Pendant la période tertiaire, certaines syphilides chancriformes génitales, absolument impossibles à différencier cliniquement des spontanées peuvent, dépendre d’une seconde infection.

Ces cas sont en clinique plus fréquents qu'on ne le croyait jusqu'alors.

XIV. — On peut aussi observer de véritables réinfections syphilitiques avec une seconde syphilis avec accidents secondaires plus ou moins complets. , |

XV.— Les hérédo-syphilitiques, non seulement les dystrophiques, mais ceux qui ont reçu la syphilis en nature sont susceptibles de la contracter une deuxième fois,

XVI, — L'immunité est incomplète pendant la période primaire, très prononcée pendant la période secondaire, atteint

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