SCENE II
SARA, MANUEL, ef l’Eaclave.
MANUEL, aa>ec effroi. Femme, femme, ferme ta porte et sauve-moi.
SARA. Un enfant, que leurs coups allaient atteindre! {Elle ferme sa porte.) Hoignc-loi de cette fenêtre, leurs pierres pourraient encore aller jusqu’à toi.
L'eiiclare, sans rien dire, te met devant la fenêtre.
MANUEL, tout ému. J’ai cru qu’ils en voulaient à ma vie. Jamais ils n’ont poussé si loin l’audace.
SARA. Tiens, place-toi hV... Comme il est pâle?.. SoulTrcs-tu?.. Je suis pauvre, mais je puis...
‘ Elit lui prend la mata.
MANUEL. Ah t prends garde. i
SARA Pardonne-moi... j’ai touché ta riche et soyeuse robe.
MANUEL. Non, eoTl’cst pas cela... mais je ressens ici... {^Montrant son bras.) une douleur si vive... je suis blessé.
SARA. Blessé!., ah! dasâng!
UANUEL. Un de leurs poignards m’a frappé. a
SARA. Rassure-toi : la blessure est légère, et j’ai là ce qu’il faut pour arrêter ton saog qui coiilct
MANUEL. Elle est bonne, cette femme!
SARA, pansant la blessure. Comment le tronvais-tu seul au milieu de cette foule?
t’avail-ellc séparé de la famille?
MANCEL. Tu ne me connais donc pas?
SARA. Non. Tu es le fils de quelque rieSe sénateur, ou d’un patricc , peut-être?
MANUEL, fait signe d reselave de setabe.
Oui. J’étais aux courses du Cirque oâ la victoire paraissait assurée à la faction des verts... lorsqu’un homme, qui n’avait pas encore concouru , s’est élancé sur un char attelé de deux chevaux <pie jusqu'alors nulle main n’avait pu maîtriser ni conduire, et a parcouru deux fois la distance, laissant tous scs rivaux bien loin derrière lui... Les biens, dont il porte la couleur, ont voulu le conduire aux pieds de l'imperatrice, au milieu des acclamalioBAdu peuple fmais les verts furieux de leur défaite, et certains de l’impunité, se sont opposés au triomphe du vainqueur. Alors les deux partis ont commencé nii horrible combat, pendant lequel on m’a fait sortir du Cirque; mais au dehors j'ai trouve même tumulte et mêmes dangers, car lorsque les deux factions en TÎenncntauxmains, l’empereur, lui-même, n’est pas en sûreté dans les rue* de Constantinople. J’ai été séparé de tous ceux qui m’accompagnaient, lui seul (Montrant <’«.sc/flrr.) est resté prés de moi et ni’a jeté dans cette maison. Comme lu me regardes?., est-ce que je suis encore pâle ?
SARA. Xnfant! tu crains, au retour, d’eflr.iyer ta mère.
MANUEL, tristement. 5Ia mère!., «hl elle ne s’en aperrevra pas.
SARA. Que dis-tu?
MANUEL. Le bruit d’est éloigné... jerroi* maintenant que nous pouvons repartir.
(L'esclave fait un geste affirmatif ) Femme, dis-moi ton nom ; dis-le-nioi, une foisseulement, et je le jure que je ne l’oubliciai pas. '
SARA. Tu veux partir... déjà!., ohl reste encore... je craindrais en te sachant dans CCS rues tout-à-l'heure si daogereu-
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StJ... Tisn»... rcgartlc... cette maison est entourée de monde.
MAXIiEL. Tout ce monde me chcrdic sans doute.
S.ABA. Toi ?
MAin'EL, à l'fscUre. Ouvre cette porte !
obéit, et, »ur un sifçne qu’il fait, «ne Éoolc d’officier* rt de sei|rneiirs que <1** ia fenêtre no avait viiü cheicbant, s'ctaacc dan* lacaiianc on s'éc riant :
LcroiliU le voilà!
Tons *c prosternent.
■SARA, avec surprise. Qui es-tu doue, enfant?
UAM'EL, arec un sourire. N’aie pas peur, pauvre femme ; je suis Manuel, le lil-S de l'empereur.
, SARA, se prosternant. Oh ! i>eip:neiir...
IIAACEL la reUre arec bonté, puis se re- Imrtmt vers ses officiers qu'il a laisses à geifiu. Relevcî-roiJS... Je ne dirai poiut à mon père ee qui s’est passé ; mais à l’avenir, défendez-moi mieux. Tu ne m’as dit ton nom.
SARA. Sara.
HAAl'EL. Sara!.. 11 est doux à retenir, ce nom. Sara!., vicn.s me voir au palais impérial... je le veux... et tu me diras ce que peut pour toi Manuel... Esclaves, retenez bien cet ordre ; Au nom de .Sara, et à quelque heure que ce nom vienne Irappervos oreilles, toutes les portes du palais devront s’ouvrir. Adieu, n’oublic pas le jeune Auguste.
SARA, baisant sa robe. Oh! jamais.
M.AIll'EL, ému. Parlons I lliVloi|(nc arec sa suite, et .Sara s’arrPte Inngtemps sur le seuil de sa porte , le suivant des ;eus.