‹ L'impératrice et la juive drame en cinq actes et en proseChapitre 41 sur 57 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

BASILICIN, TIll'.ONE, Peuple au /■omf, puis SARA.

E.ASILICI.X, arrivant avec Théone et deux cochers verts par le fond. Oui, ma ebère Tliéone, c’est moi-même : encore une fois victime. Aujourd'hui seulement je tondve de moins haut. Après la mort de mon patron, je ii'ai pas attendu qn'on dispiwlt de scs esclaves; j'ai quitté Si utari. Si je retrouve encore ma place vacante aux écuries du palais, je me promets bien de ii'en plus sortir, quoi qu'il arrive.

TIIÊONE, riant. A moins qu'il ne prenne, un jour fantaisie à tes nombreux partisans d'aller encore t'y cliereher.

B.VSILICI.X. Ne plaisante pas, Tliéone ; je prie Notre-Dame Marie qu'il ne .soit plus question de moi dans l’empire, et je voudrais voir, je le le jure, tous mes partisans dans le Bosphore, jusqu'au deniicr: c'està-dire que si les portes de Sainte-Sophie étaient ouvertes, j’irais me réfugier dans l'église, et comme c’est nn lieu d'a.silc, pas un chrétien n'oserait m'en arracher.

Vois-tu? il .<e prépare ici quelque chose d'ext raordiiiaire.

TllÉOSE. Quoi donc ?

B.ASlUCIX. Je ne sais ; en déharqnant , j’ai trouvé à toute la ville une pliysionoinie étrange et fort inquiétante pour moi.

J’ai vu sur le port plus de mouvement qnc de coutume. Les Bleus semblent tous être sortis de dessous terre ; on en rencontre partout : leurs figures sont rayonnantes; et pourtant ils doivent avoirappris la mort de leur protecteur Jean.

LE IIA(U9I?I TBÊATHAC*

SARA , qui a paru pétulant te commencement de la tcinr, t'acanpant. Queilis-lu?

Jean',., le comte Jean est mort?..

BAS11.IC1N', ir rt(oHrn«n(. Oui, femme, oui, Jean, le coelier du Cirque, a été mis à mort cette nuit. Je savais bien qu’on lui avait caché la moitié de sa prédiction. La robe de patrice lui a coûté plus cher qu’à moi la pourpre de César. Vraiment, et par humanité, un devrait brûler les sorciers de tout âge et de tout sexe.

SAR.A, s'éloignant. Mort !.. mort!., me voilà seule... seule au monde, mainte-

nant, si on ne me rend pas mon fils,

Lllc s’assied dans un coin de la scène.

THÉONE, la regardant. C’est une mendiante à qui le comte aura fait la charité d’une obole, peut-être, et qui le pleure à elle seule plus que tous ceux qu’il a élevés et enrichis.

B.vsitici\. Bah ! grand fou qui m’a compromis, moi, qui me suis attaché à sa fortune et qui, pour cela, me suis brouillé peut-être avec mes bons amis de la faction verte... Théonc, pour m’aider à faire ma paix avec eux, dis-lcur, de ma part, que les bleus trament un complot, j’en suis sûr. Je ne serais pas surpris qu’ils voulussent faire un empereur... il y a longtemps que cela ne leur est arrivé. Dis bien aux verts que si cet empereur devait être Basilicin, il refuserait très positivement.

tj\ VERT, qui a entendu tes derniers mots de Basilicin et qui lui frappe sur Cr'paule. Et très prudemment , car nos poign.ards cloueraient le manteau intpérial sur le cœur de l'ambilieui qui voudrait renverser notre empereur Léon.

THÉONE. Ne vas-lu pas prêter l’oreille aux propos de cet insensé?.. Tout ce motivement est causé par la cérémonie qui s’apprête. L’andare des biens prend sa souri e dans l’espoir qu'ils ont conçu de voir adopter leur couleur par le jeune Auguste ; voilà tout.

Bruit de trempeltcs S droite; toiia les groupes se tournent de ce cûtè.

BASILICIN. (Ju’est-ce que c’est que r;a?

THÉONE, au fond. Lu ollicier de la garde de l’empereur qui lit une proclamation.

TOLS. Voyons! voyons!

Ils sortent. Tout le mende remonte.

B.ASILICIN. Tout ce qui SC passe ici ne rae paraît pas aussi peu inquiétant que Théoiie veut bien le croire. Je juge prudent de me cacher. Le trône à qui le voudra ; je retourne à mon écurie.

Il disparatt.

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