I. ChrIX
vaise réputation de Théodora. D'après lui, la vieille paysanne d'IUyrie, dévote et bornée, redoutait simplement Pesprit vif et hardi de cette tentatrice, qui pouvait, à son sens, altérer la piété et nuire à l'avenir de son fils; une vieille devineresse, qu'elle avait consultée, lui avait en effet prédit que la future impératrice serait pour l'État un présent du diable et non de Dieu (Démonodora et non Théodora) et qu'elle serait fatale à l'orthodoxie de son époux. Nous pouvons admettre aussi qu'Euphémie, femme de Justin, s'opposa au mariage pour les mêmes raisons.
Rien de surprenant en cela de la part de deux femmes incultes et naturellement jalouses de toute supériorité. Mais ce qu'il y a de sûr, c'est que l'empereur Justin qui, malgré sa rusticité, ne manquait ni de bon sens ni de finesse, jugea que son neveu avait fait un bon choix et que la parvenue serait parfaitement à sa place sur le trône. La preuve en est que non seulement il autorisa Justinien à l'épouser (en 523), mais que, quatre ans après, il l'associa solennellement à l'empire et lui laissa prendre le
LA FEMME bg
titre d^Augusta^ que pouvait seule porter une impératrice '.