‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 24 sur 105 · Procop&y Histoire secrète, ch, ix; Zonaras, etc · texte numérisé non relu

Procop&y Histoire secrète, ch, ix; Zonaras, etc

2. Liv. V, tit. IV, ch. XXIII. C'est à Tannée 523 qu'AIemanni reporte, à tort, la rédaction de cette loi, et il y joint deux passages de la Novelle 5i et de la Novelle 117, qui datent Tune de SSy, l'autre de 541.

6o CHAPITRE PREMIER

trouve en nul endroit le nom de Théodora? Il n'est donc pas prouvé que le rescrît de Constantin ait été rapporté simplement pour permettre au prince d'épouser une comédienne. Ce rescrit, on le sait, prohibait, en général, les mariages des grands (primorum) « avec des servantes ou filles de servantes, des afifranchies ou filles d'affranchies, des tavernières ou filles de tavernières, des comédiennes ou filles de comédiennes^ des personnes abjectes ou de basse extraction, des filles de proxénètes ou de gladiateurs ». L'acte qui mit à néant ces dispositions n'est point isolé dans la législation de Justinien. De nombreuses lois, portées à diverses époques, témoignent du souci qu'avait cet empereur de ramener à une meilleure condition les comédiennes et les femmes de mauvaise vie. Cette préoccupation fut partagée, on n'en peut douter, par Théodora elle-même. On sait que cette princesse prit, en général, une part considérable à la confection des lois publiées sous le nom de son époux. Divers documents le prouvent. Nous en trouvons notamment la preuve dans la Novelle 8, où Tem-

LA FEMME 6i

pereur s'exprime ainsi : « ... Par toutes ces considérations et ayant pris en ces matières aussi conseil de la révérendissime épouse que Dieu nous a donnée...» Eh bien! si l'impératrice s'appliquait ainsi à toutes les affaires de l'État, il est aisé de comprendre qu'elle s'intéressait particulièrement à ces classes de femmes que la loi, jusqu'alors, traitait en réprouvées. Elle se rappelait rhumilité de sa naissance, la misère, les angoisses dans lesquelles elle avait si longtemps vécu. Et puis, n était-elle pas femme? Peut-on s'étonner qu'un élan presque maternel la poussât vers le malheur ? N'était-ce pas à ses yeux un devoir d'améliorer le sort des pauvres filles que les mœurs du temps livraient sans défense à toutes les exploitations et à tous les mépris ? Procope lui-même l'a reconnu, l'a dit expressément, au troisième livre de la Guerre des Goths (publié après la mort de Théodora) : « Elle était naturellement portée à secourir les femmes dans l'infortune '. »

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