SUITE DE LA POLITIQUE EXTÉRIEURE
La guerre d'Italie, qui avait commencé par d'éclatants succès, fut longue, laborieuse, entremêlée de revers. Les armées byzantines luttèrent bien des années contre Vitigès, puis contre Totila, qui releva pour quelque temps le royaume des Goths. La vigilance et la sollicitude deThéodora pour cette grande entreprise ne se ralentirent pas un instant. Qu'on ne croie pas toutefois que l'impératrice se désintéressât pour cela des autres desseins de Justinien. Il n'était pas une frontière qu'elle ne surveillât, pas un ennemi de l'empire qui n'eût affaire à elle. Dans le temps même où elle travaillait à la conquête de l'Italie, elle en-
I. « Vir eloquentissimus^ » dit-il^ « et doctrina summus et conscientiae claritate praecipuus » {Var. epist., liv. X, ch.xix).
voyait des troupes pour pacifier P Afrique révoltée ; elle tentait, dans le Caucase, la conquête du pays des Lazes, elle se préoccupait sans relâche de rOrient à défendre, des Perses à refouler et à punir. Des textes nombreux nous prouvent qu'elle n'était étrangère ni au choix ou à la révocation des généraux, des ambassadeurs, ni à la négociation et à la conclusion des traités. Qu'on se rappelle, par exemple, la lettre qu'elle écrivit, vers 541, à Zabergan, ministre de Chosroès, pour qu'il déterminât son maître à la paix. Le roi de Perse lut cette pièce et se moqua fort de l'empire romain, qui tenait tout entier, disait-il, dans la main d'une femme ^. Mais cette femme n'était point une adversaire aussi méprisable qu'il affectait de le croire. Du reste, plus on avance dans le règne de Justinien, plus on voit Théodora participer activement aux relations extérieures de l'empire ; ce qui s'explique : car ce prince, absorbé, comme on le montrera plus loin, par les querelles religieuses en vint, à mesure qu'il