‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 80 sur 105 · On donnait souvent ce nom aux eutychiens, parce · texte numérisé non relu

On donnait souvent ce nom aux eutychiens, parce

LA CHRETIENNE iSg

(c'est-à-dire les euty chiens ) en pleine faveur et en plein triomphe. Toutes les églises, toutes les chaires retentissaient alors de leurs prédications et de leurs disputes. On peut donc conjecturer que. la fille d'Acacius non seulement lut avec avidité leurs ouvrages, mais alla entendre leurs chefs et subit' personnellement leur influence. C'est sans doute Sévère de Sozopolis qu'elle eut surtout pour maître. Ce controversiste célèbre, après avoir propagé ses doctrines en Egypte, était devenu en 5 1 2 patriarche d'Aniioche ' . C'est dans cette ville que Théodora dut le fréquenter. On s'expliquerait ainsi la sollicitude particulière qu'elle montra plus tard pour une cité qui lui rappelait ses plus chères croyances et ses enthousiasmes de jeunesse. Tous les auteurs, qui ont. parlé de Sévère, l'ont représenté comme un écri-

que cette secte, extrêmement divisée, était, dit Baronius, comme «w monstre sans tête {ut belîua sine capite). Annales ecclésiastiqites, liv. VII, p. 247.

I. Sur la vie de Sévère, voy. Évagre, Histoire ecclésiastique, liv. IlIetIV; — Libératus, Breviarium, liv. XIX; — Théophane, Chronogr., — Conciles (Labbe), t. V, passim.

vain et un orateur si accompli qu'auditeurs et lecteurs étaient, bon gré mal gré, subjugués par son génie. Cétait surtout les femmes quUl charmait par son éloquence. Ses adversaires lui en ont fait reproche et Pont par là même constaté par divers écrits '. Rien donc de surprenant à ce que Théodora eût, comme tant d'autres, été fascinée. Saint Sabas, qui vivait en Palestine, non loin d'Antioche, n'ignorait pas l'ascendant irrésistible que ce prélat avait pris sur elle, La dernière fois qu'il alla à Constantînople (en 529) il déclara qu'elle était depuis trop longtemps l'esclave de cet hérésiarque et de ses doctrines pour qu'il y eût chance de la voir revenir à de meilleurs sentiments. Invité à prier pour que le ciel accordât enfin des enfants à l'impératrice, il s'y refusa, « de peur, dit-il, que ses fils, nourris des dogmes de Sévère^ n'en vinssent à troubler l'Eglise plus encore que n'avait fait Anastase * ». Saint Sabas était dur, mais il voyait juste en ce

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