‹ L'impératrice Théodora: étude critiqueChapitre 85 sur 105 · I. Code, liv. I, tit. V, ch. xxi · texte numérisé non relu

I. Code, liv. I, tit. V, ch. xxi

surent aucun privilège leur seront appliquées; ils rempliront les charges corporelles et pécuniaires sans que rien puisse les y soustraire; mais ils n'auront point d'honneurs, ils resteront méprisés...» N'omettons pas non plus la Novellejj par laquelle Justinien édicté les derniers supplices contre ceux qui blasphèment et qui jurent, « provoquant ainsi la colère de Dieu ». On voit, en somme, que si, pour être bon chrétien, il suffit de persécuter, l'influence de Théodora n'avait porté nulle atteinte à l'orthodoxie de son époux. On sait par contre, grâce à Procope et à d'autres auteurs, que cet empereur ne se montrait pas moins doux, bienfaisant, généreux envers l'Église qu'injuste et cruel envers ses ennemis. Il la combla, l'accabla de dons et de faveurs, parfois même au mépris de tout droit; et l'on ne dit pas que Théodora l'arrêtât jamais dans ses largesses. Prêts, allocations d'argent, remises d'impôts, l'Église et le clergé obtinrent de lui tout ce qu'ils voulurent. Justinien alla jusqu'à étendre à cent ans en leur faveur la prescription que l'on continua d'invoquer en justice contre les laïques au

bout de trente ans '. Qu'on se rappelle enfin tant d'édifices sacrés élevés par lui à grands frais dans tout l'empire et surtout la merveille de Sainte-Sophie^. Qu'on ouvre le Code et les Novelles; qu'on y lise ce qu'il fit pour les prêtres et les moines, le soin qu'il prit des monastères, des biens ecclésiastiques, de tous les intérêts de l'Église; et qu'on me dise ensuite ce qu'il eût pu faire de plus si Théodora eût été tout à fait catholique.

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