‹ L'Imperforation de l'Hymen: Avant la PubertéChapitre 30 sur 41 · RON · texte numérisé non relu

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puberté ne s’est manifesté chez elle, et nous pouvons dire que nous avons assisté à la transformation purulente d’une rétention muqueuse considérable.

Si, comme le pense M. le professeur Laroyenne, on s'était trouvé en présence de la transformation purulente d’un hématocolpos, la couleur du pus eût élé

toute différente, brune-rougeâtre, au lieu d’être

blanche-jaunâtre, et l'examen eût révélé la présence d'éléments figurés. du sang, des caillots, de la fibrine. Or, l'analyse à été faite et rien de semblable n’a été perçu; nous sommes donc en droit de pencher pour

Thypothèse que nous avons faile tout d’abord.

Cela nous satisfait d’ailleurs, car nous avons considéré ce cas comme tout à fait intéressant; il prouve, nous le répétons à nouveau, que toute rétention muqueuse derrière un hymen imperforé, est capable, tout autant qu'une accumulation sanguine, de causer des accidents ; il est même étonnant, si l’on se rapporte, en particulier, au cas de Vitrac, qu'ils ne soient pas sur-venus plus tôt; chez un organisme affaibli, en état de moindre résistance, un processus morbide eût pu être plus précoce. ;

Nous abordons, pour terminer ces quelques données, la description de Vitrac, el, nous lui cédons la parole :

« Le vagin rempli par un liquide dont on reconnait « facilement la transparence à travers ses parois dis- « tendues et amincies, est régulièrement disposé en « gourde dont la grosse extrémité est supérieure. «.Cette extrémité est surmontée par l'utérus égale- «< ment distendu, mais beaucoup moins, tandis que

l'extrémité inférieure aboutit à la vulve. La portion rétrécie de la gourde était exactement en rapport avec la ceinture du bassin. Le pôle inférieur remplissait le petit bassin et le périnée repoussé en avant; le pôle supérieur dépassait l'ombilic de deux travers de doigt. L'ensemble de la tumeur était moulé sur le squelette, dont elle épousait les courbures comme le fait un fœtus expulsé à travers la filière pelvienne ; en effet, son grand axe formait un arc de cercle ouvert en avant, la concavité venant embrasser le pubis. »

« Les dimensions verticales de la tumeur sont de 12 centimètres; ses dimensions transversales, de 6 centimètres pour la grosse extrémité, 4 pour la petite, et 3 et demi pour la portion rélrécie. La coupe de chacune de ces parties serait régulièrement ronde. Extérieurement, la surface de la tumeur est lisse. Les parois en sont minces et fortement tendues par le liquide sous-jacent. Sur elles reposent les organes voisins (uretère, ligamentrond, vessie, ebc.), dont nous ferons plus loin description. « En examinant la vulve, on constate qu’elle est occupée par trois renflements saillants, dont un médian, qui semble faire hernie entre les petites lèvres, et deux latéraux, qui remplissent et repoussent les grandes lèvres épaisses de 1 centimètre. et atteignant la face interne des cuisses jusqu'à 2 centimètres au-dessous du pli génito-crural. Ces trois renflements sont réductibles, ils ne sont autre chose que l'extrémité inférieure de. la tumeur, qui a fini par dépasser largement les limites du détroit

inférieur. L’anus, bien conformé, est à 1 centimètre et demi au dessous de la fourchette, repoussé en avant comme lorsque la tête fœtale presse sur le périnée.

« À la partie supérieure de la vulve, le clitoris est normal. Au-dessous, en écartant les petites lèvres, le vestibule semble absent : en réalité, il est remonté, ainsi que le méat urinaire. Celui-ci perméable à une sonde n° 8, est caché sous le bord inférieur de la symphise et comprimé par le plan antérieur de la tumeur.

« Les grandes lèvres, sauf la disposition dejà mentionnée, sont normales. Il en est de même des petites lèvres, Toutefois, la petite lèvre gauche est soudée dans son tiers inférieur à une sorte de raphé qui doit représenter la soudure hyménéale ; la petite lèvre droite semble être entièrement libre, sauf, peut-être, sur une hauteur de 1 millimètre vers son extrémité inférieure.

« Il existe un angle ouvert en dedans, entre la face interne des petites lèvres, dans leur partie libre et ce qui représente la paroiinférieureet médiane de la tumeur : cette paroi est par conséquent, à ce niveau, perpendiculaire à l'axe du vagin, ce qui est bien la disposition de lhymen : autrement dit le vagin est fermé par un diaphagme qui s’insère au-dessus de la base des petites lèvres comme un verre de montre dans son cadre.

« Ce diaphragme, saillant et distendu à 2 centimètres et demi de long sur 1 centimètre de large; il à son tiers inférieur occupé par une petite surface rou-

geâtre et chagrinée qui tranche avec la coloration rosée de ce qui l’entoure. Cette surface s'étend en hauteur sur 1 centimètre et en largeur sur 1 millimètre. En la regardant de très près, elle semble constituée par de fins tractus entre-croisés comme les dents entremêlées de deux peignes. On dirait une cicatrice fraîche. Cette partie est moins résistante que le reste du diaphragme. C'est à son niveau, avons-nous dit, que le bord des petites lèvres vient se perdre. La terminaison inférieure de ce raphé se confond avec la peau du périnée au niveau de la fourchette, et il n’y a pas trace de cette dépression qui constitue normalement la fosselte naviculaire.

« Quant à l’utérus qui occupe la partie supérieure de la tumeur, il est bien rempli par du liquide, car on peut le vider en totalité, en chassant son contenu dans la masse principale de la tumeur. Il mesure 3 centimètres de haut sur 2 de large. Sa forme est remarquablement conservée ; mais son corps, seul, fait une saillie franchement distincte. En effet la matrice est en antéversion le corps étant tiré en avant par les ligaments ronds : il en résulte la formation d'un angle dièdre ouvert en avant entre l’'evtrémité supérieure de la tumeur et la face antérieure de l’utérus. Au contraire la face postérieure, convexe en arrière, continue exactement le plan postérieur de la tumeur.

« De chaque côté de l'utérus, les ligaments larges ont échappé à la distension sur une hauteur d’un demi-centimètre juste assez pour contenir l'ovaire et la trompe qui ont leur disposition et leur dimen-

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