‹ L'Importance De L'Équilibre Binoculaire Dans Le Choix Des VerresChapitre 10 sur 11 · I. — Défaut fixe · texte numérisé non relu

I. — Défaut fixe

a) Peu accentué. — Si le décentrage ne suffit pas, essayons le port de prismes, à base externe pour l’ésophorie, à base interne qui soulage la convergence dans l’exophorie.

b) Accentué. — Si les moyens précédents échouent, on a recours aux exercices de rééducation (convergence pour exophorie, divergence pour ésophorie).

N'oublions pas les moyens médicaux. Pour les surmenés, prescrivons le repos, l’hygiène, la sobriété, comme dans l’exophorie.

Quant à l’ésophorie, ordonnons un traitement sédatif au bromure, à la belladone, à l’hyoscyamine.

Les interventionistes ne manquent de préconiser le traitement chirurgical : ténotomie tout à fait partielle combinée ou non à l’avancement musculaire.

IT. — Défaut variable :

Chez le tout jeune enfant, on instille deux ou trois fois par mois du collyre à l’atropine sur l’œil sain, quand le strabisme tend à se fixer sur l’autre. La vision se brouille

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du côté atropinisé par paralysie de l’accommodation, l'œil dévié comme réveillé de sa torpeur et de son engourdissement tend à se redresser pour voir et fixer.

Vers l’âge de quatre ans environ, il est nécessaire de soumettre le petit malade à un examen approfondi sous atropine pour déterminer exactement l’état de réfraction des deux yeux. On donne ensuite les verre correcteurs appropriés. Vient le tour de la rééducation. Enumérons ses conditions :

L'âge rééducable va de 6 à 35 ans, environ.

Le degré de déviation ne doit pas dépasser 400.

L’acuité de l’œil dévié ne doit pas être au-dessous de 3/10.

Le parcours d’excursion des yeux mesuré au périmètre nous évitera de chercher à rééduquer une paralysie oculaire.

Le temps, la bonne volonté, l'intelligence, voilà des conditions non négligeables.

Voici quelques statistiques sur les résultats de cette méthode : Chaïllou donne 30 % de guérison globale, Jacqueau 95 %, Cantonnet 70 %, Terrien 16 à 18 % dans le strabisme convergent, 30 % dans le strabisme divergent.

Pour fixer les idées, retenons les principes suivants de la rééducation :

1° Le strabique est en vision monoculaire . il voit et vise d’un seul œil, neutralise de l’autre.

20 Pour le déneutraliser, c’est-à-dire que l'œil neutralisant arrive à voir quand le meilleur œil est ouvert nous pouvons employer le séparateur de Rémy, la ba-

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guette de Maddox, le stéréoscope de Pigeon-Cantonnet. Ce dernier auteur préconise maintenant « la déneutralisation à la lumière vive ».

30 Enfin par des exercices appropriés nous cherchons à obtenir que le loucheur fusionne les deux images; la diplopie disparaît avec la vision simultanée.

Le sujet recommence à faire usage de la vision binoculaire.

Traitement Chirurgical

On ne peut le faire qu'entre 12 et 14 ans. La technique du professeur Terrien consiste à faire une ténotomie partielle combinée à l’avancement musculaire ;

— Ténotomie partielle du droit interne, avancement du droit externe, en cas d’esophorie et de strabisme convergent. ;

— Ténotomie partielle du droit externe, avancement du droit interne, en cas d’exophorie et de strabisme divergent.

Après l'intervention, on reprend le traitement orthoptique, car s’il prépare l’opération, il la complète également : cette seule symbiose des deux traitements est féconde en succès et assure une amélioration parfaite.

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Conclusions

La mise au point se fait à la fois par l’accommodation et la convergence ; il faut s'occuper de l’une autant que de l’autre. Pour le bien et l’unité dans la fonction visuelle, nous devons chercher à canaliser et même à stimuler la coopération binoculaire.

La convergence est une fonction beaucoup plus qualitative que quantitative; ses troubles sont assez bien tolérés et supportés par la neutralisation comme cela s’observe dans le strabisme manifeste. C’est l’inverse pour les troubles de la réfraction.

Il suffit de légers déséquilibres, voire des instabilités binoculaires pour que les patients s’en plaignent. Comment pouvons-nous les laisser passer inaperçus. Y penser, explorer la vision binoculaire, nous voilà, à n’en pas douter, en possession de la clef du diagnostic afin d’appliquer une bonne thérapeutique causale.

Le choix judicieux des verres correcteurs remédie aux vices de réfraction ; les exercices orthoptiques rétablissent l'équilibre chez les instables et chez les déséquilibrés dociles ; les ressources du traitement chirurgical seront réservées aux défauts accentués et rebelles.

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