PREMIER ACTE
A Edimbourg. Une salle dans le château du roi d'Ecosse Jacques IV. La veillée de la Saint-V alentin [i 3 février). Les bûches crépitent dans Vâtre autour duquel des filles d'honneur travaillent à des tapisseries ou à d'autres ouvrages. Quelquesunes chiffonnent des rubans dont elles font des fleurs artificielles ; d'autres brodent des devises ou des emblèmes sur des écharpes. De jeunes seigneurs, les uns en costume national, mais la plupart vêtus aux modes françaises de la fin du règne de Charles VIII (bragards, freluquets, gorriers), devisent entre eux, ou fleurettent penchés sur l'ouvrage des belles, accoudés au dossier de leurs sièges. Catherine Gordon, un peu à l'écart de ses compagnes et plus rapprochée des spectateurs, travaille silencieuse, d'abord indifférente à ce qui se passe autour d'elle. Pendant que le rideau se lève, bruissement et fusée de rires féminins, puis reprise des caquets.