LA POLOGNE
fit dresser un inventaire des revenus de la couronne. Cet inventaire a été conservé. Philippe-Auguste le trouva si satisfaisant qu'il consentit au mariage (1). Ce mariage a établi les premiers liens entre les Capétiens et la Hongrie. L'époque des Capétiens-Hongrois (André II et Louis le Grand, élu roi de Pologne), a été très brillante. Commerce, industrie, agriculture, arts prirent un grand essor. Les rois de Hongrie purent émettre et conserver une monnaie d'or.
L'histoire sociale et fiscale de la Hongrie présente au Moyen âge un très haut intérêt. Cette histoire fournit le tableau de la transformation d'un peuple complètement nomade en peuple sédentaire, transformation lente, difficile et assez rare. On assiste, en l'étudiant, à la constitution de la propriété foncière et au règlement de son mode d'exploitation, avec leurs conditions d'inégahté primordiale, tenant aux inégalités dans la tribu et à l'extension, sous des formes nouvelles, de l'impôt. L'impôt, en effet, n'est pas étranger à la tribu. Il y revêt des apparences différentes, mais il est toujours un prélèvement, volontaire ou obligatoire, conforme à la coutume et aux nécessités politiques ou sociales. Quand la tribu de nomade devient sédentaire, puis territoriale, l'impôt prend plus d'extension, il suit les divers progrès de la richesse. On assiste ainsi à la lointaine et successive apparition des classes sociales, sous l'influence de la distribution du travail. On voit comment ces classes apparaissent, ou simultanément ou à la suite les unes des autres, d'après la marche de la civilisation. On suit les étapes de cette marche et on constate les influences desquelles elle dépend, d'abord, celle des grands hommes, celle des chefs de familles, puis celle des milieux géographiques, économiques, celle des races, celle des religions. Religions, civilisations sont à peu près synonymes. Enfin il faut bien faire la part de l'aléa, de ce que les anciens Grecs et Romains appelaient, non sans raison, la for-
nonia, C romat la; Avaria , Diilmatia; et Rum'ur. L.i valeur du marc du xm»' siècle peut être calculée, avant la baisse récente tle l'argent, à 17 fr. — Il y avait plusieurs marcs. Il s'agit ihi marc allemand.
(1) Sur les nombreux rapports de la France ut de la Hongrie au xiii'' sit'rlc. '■onsuUcr Chélard, Uoinjn? millmaire, de 189G, ]>. 20-22.