CHAPITRE VI
DE L IMPOT CHEZ LES PEUPLES NOMADES DE L ASIE ET DE l'euROPE.
§ 1. Mouvement des Migrations.
Jusqu'à présent notre enquête fiscale s'est étendue principalement aux nations ayant fait partie de l'Empire romain, ou formées sur ses ruines. Ces nations, toutes parvenues à un degré assez élevé de culture, ont constitué divers foyers de civilisation que les Romains ont réunis, pendant quelques siècles, au tour de la Méditerranée, grâce à la pax romana. On peut délimiter le vaste cercle, dont la Méditerranée était le centre, par l'Océan Atlantique à l'ouest, le désert du Saiiara, la mer Rouge, au sud, l'Euphrate, le Tigre, la mer Noire et le Rhin au levant, le Danube et la mer du Nord, au nord.
Derrière les limites de ce cercle, s'étendaient des populations, très nombreuses, très diverses et très importantes, mais toutes, à l'exception d'une seule, la Perse, encore à l'état nomade. Il y avait cependant déjà, comme Strabon (1) le remarquait, une grande différence entre les populations qui occupaient la frontière du Nord et celles qui occupaient la frontière du Midi : celles-ci n'étaient pas toutes également nomades et celles, véritablement nomades, rencontraient, dans leurs parcours, des difficultés et des limites beaucoup plus grandes que les nations nomades du Nord.
L'un des traits caractéristiques de ces peuples nomades a été de mettre en rapport, les uns avec les autres, les divers grands foyers de la civilisation, séparés par des déserts, plus ou moins habitables, dans lesquels ils erraient. C'est ainsi que la Chine,
(1) strabon, traduction TardieH, 3*^ vol., livre XVI, char, in, n"« 1 et 2; chap. IV, n»» 2 et 25.